lundi 20 mai 2013|
 

Le Benfica Portugais Paris 19e,<br> un club de foot pour tous

Constantino Da Costa, 49 ans, est le président de l’Association sportive Benfica Portugais Paris 19e, club de football communautaire dont le nom s’inspire de l’équipe la plus populaire du Portugal, le Benfica Lisbonne. Rencontre avec un homme et un club qui ont su élargir leur communauté.

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Edouardo Da Costa regrette le manque de terrains de foot dans le 19e.

Dixneufinfo - D’où est venue cette idée de créer un club communautaire portugais dans le 19e arrondissement, en 1975 ?
Constantino Da Costa - C’était les années 70, il y a très longtemps. À l’époque, il n’y avait rien encore. Le foot n’était pas si populaire. Il y avait moins de clubs. Beaucoup de communautés venaient d’arriver. Ces gens étaient un peu perdus, ils ne parlaient pas le français. Alors ils recherchaient forcément la compagnie de gens de leur pays. C’est comme ça qu’avec une bande d’amis supporters du Benfica, qui habitaient l’arrondissement, on a eu l’idée de créer ce club portugais. On est parti de rien et, petit à petit, on a fini par exister. Aujourd’hui, on est toujours là.

Quelles sont les conditions à remplir pour devenir un joueur du club ?
C’est simple, il n’y en a pas. Nous ne sommes pas ouverts qu’aux Portugais, si c’est le sens de votre question. On a beaucoup de blacks, des Africains et des Antillais, des Tunisiens... Bon, c’est sûr que 80% de l’équipe est portugaise, mais n’importe qui peut s’inscrire. La plupart des gens nous contacte après avoir découvert l’existence du club sur internet. Ils appellent, et voilà.

L’aspect communautaire subsiste-t-il au moins dans le fait d’habiter l’arrondissement ?
Pas du tout. Il n’y a aucun critère, même pas sportif ! Les joueurs viennent d’un peu partout. On en a même un qui vient des Yvelines et qui fait plusieurs heures de route pour jouer chez nous. S’il vient, c’est parce qu’il aime ce club, mais surtout parce que c’est un vrai passionné de foot. Il a intégré l’équipe il y a quatre ans, parce qu’un copain à lui jouait chez nous. Et il est resté là.

Donc les supporters du Sporting et de Porto (les deux grands rivaux du Benfica Lisbonne, ndr) sont tolérés ?
(rires)Bien sûr ! Moi je suis pour Benfica, mais on a pas mal de joueurs supporters de ces deux clubs. On se chambre un peu, mais ça ne va pas plus loin. D’ailleurs, je ne m’en plains pas, ça fait plein de sujets de discussions.

Et comment ça se passe au niveau des sponsors ? Sont-ils eux aussi majoritairement portugais ?
Ce sont souvent des patrons de PME qui viennent nous filer un coup de main. Certains sont joueurs au club, d’ailleurs. Après, à l’image de l’équipe, on a un peu de tout. Ils sont donc loin d’être tous portugais.

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L’équipe du Benfica Portugais Paris 19, championne de sa catégorie, en 2008.

Votre équipe seniors a été championne en 2008, puis en 2009 en CDM Excellence, avec seulement deux défaites l’année dernière. A quoi sont dus ces très bons résultats, selon vous ?
Au sérieux avec lesquels nos joueurs s’entraînent. On a deux coachs très intéressants, qui arrivent à tirer le meilleur du groupe. Et puis les joueurs se connaissent tous depuis longtemps. Ils ont l’habitude de jouer ensemble. Ils s’entendent bien entre eux. Et on voit qu’ils se plaisent bien dans ce club. Ca aide. On fait des petites retouches chaque été, en recrutant de nouveaux joueurs pour l’améliorer. Mais, je le répète, c’est surtout leur sérieux qui fait la différence.

En Excellence, vous affrontiez l’AS Drancy portugais, autre club communautaire. Est-ce qu’on peut parler de derby ? Comment cela se passait ?
Oui, on peut dire ça si on veut... Mais ça se passe toujours bien. Il y a un peu plus de monde que d’habitude mais, franchement, c’est un match comme les autres.<

Les rapports entre les joueurs dépassent-ils le simple cadre du foot ?
Oui, ils se voient beaucoup entre eux. Les hommes mariés comme les célibataires font beaucoup de sorties ensemble. Le club organise aussi trois grosses soirées par an, où on invite une centaine de personnes. Des gens du club donc, mais aussi leurs copains. D’ailleurs, tout le monde peut venir, il n’y a pas de problème.<

Sur un blog dédié au club, on peut voir un certain Elvis Da Costa enflammer le dance floor...
(il coupe) Oui, c’est moi ! (rires)

Cette saison, le club évolue en Promotion d’honneur (championnat régional d’Ile de France). Quelles sont les ambitions du club ?
Effectivement, on vient de monter en PH, qui dépend de la ligue de Paris. Honnêtement, jusqu’à Noël, l’équipe était très bonne, donc on visait la montée (c’est-à-dire la première place, ndr) en Division d’honneur régionale. C’était logique puisque nous étions premiers ex aequo. Mais aujourd’hui, on ne pense plus qu’à se maintenir dans cette division. En janvier, on a perdu trois matchs de suite. C’est très dur. Surtout que l’équipe devant n’a pas perdu un match. Je pense que c’est vraiment foutu pour la montée. Mais ce n’est pas bien grave. C’est comme ça qu’on apprend. En PH, c’est plus difficile. Le niveau est relevé, la moindre erreur se paye cash.

De combien d’équipes de catégories d’âge différentes dispose le club ?
Deux seulement : les seniors et les vétérans (plus de 45 ans, ndr)

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Concentration avant un match décisif, en 2008.

L’an passé, vous aviez aussi des super vétérans (plus de 60 ans). Qu’est-ce qui s’est passé ?
On a eu un problème en début de saison. On s’est retrouvé diminué, avec sept joueurs seulement pour jouer un match, donc on a décidé d’arrêter. C’est très difficile de réunir des gens aussi âgés. Certains partent puis reviennent. D’autres, d’un seul coup, ne donnent plus signe de vie.

Pas d’équipes de jeunes ? Pourquoi ?
C’est trop difficile. On en a eu pendent un an mais à la fin, on a dû les envoyer vers d’autres clubs, par manque de moyens. Pour les jeunes, il faut des aides pour payer les équipements. Dans les petits clubs comme le nôtre, on est déjà dépendants des chefs de petites entreprises. Certains nous ont aidé cette année-là, mais nous n’avions aucune subvention de la mairie. C’était trop juste. Et puis, s’occuper d’enfants, ça demande beaucoup de temps libre, les mercredis et les weekends. Ca pose aussi des soucis d’ordre logistique, comme disposer de voitures pour emmener une quinzaine de mômes jouer les matchs à l’extérieur.

Pourquoi les entraînements se déroulent-ils au Parc des sports de Bobigny et pas dans le 19e arrondissement ?
Parce que dans le 19e, il n’y a pas de terrain. On en avait un à la Porte de Pantin où on est restés longtemps. Mais il a été détruit pour laisser place au chantier du tramway. Voilà pourquoi on est parti à Bobigny.

Vous dépendez du district de Seine Saint-Denis, bien que situé dans Paris intra muros. De même, vous jouez la coupe de la Seine Saint-Denis. N’y a-t-il pas de compétition entre les clubs de l’arrondissement ?
Non, ça n’existe pas. C’est comme ça. À Paris, la ligue est faite de telle sorte que le championnat où s’affrontent des équipes strictement parisiennes est situé à un niveau au-dessus du nôtre. Pour y accéder, il faut passer par les divisions de districts, où les parisiens côtoient les banlieusards. Et le 19ème, à l’Est de Paris, fait partie du district de Seine Saint-Denis.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 19eme arrondissement en un clin d'œil

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3 commentaires
  • Le Benfica Portugais Paris 19e,
    un club de foot pour tous
    25 novembre 2010 21:37, par Nayyir

    comment faire pour entrer dans le club ????

    Répondre

  • POURQUOI BRADE-T-ON NOS ESPACES SPORTIFS ? 29 janvier 2011 19:41, par Gaston

    A Paris, Porte de Pantin, le stade Jules Ladoumègue est méconnaissable : cet espace sportif a été empiété par l’installation du garage des T3 et par la construction d’une résidence étudiante.

    Autre exemple : Porte Pouchet, le stade Max Roussiet a été empiété sur 100 m de long pour la construction d’un garage souterrain T.A.M. (transport automobile municipal).
    Conséquence : pendant plusieurs mois, les jeunes du quartier vont être privés de sport.

    Or, il est anormal que l’équipe municipale de la Marie de Paris n’aie trouvé que cette solution pour occupper nos terrains sportifs et les rendre constructibles à un tout autre usage !

    Pourtant le P.L.U. (plan local d’urbanisme) ne permet pas que l’on construise des bâtiments qui n’ont pas de lien direct avec le sport sur les stades parisiens. Si on laisse faire, d’ici quelques années, Paris n’aura plus de stade mais des morceaux d’espaces sportifs greffés sur des bâtiments industriels...

    SAUVONS NOS STADES DE LA CONVOITISE DES PROMOTEURS !

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  • Le Benfica Portugais Paris 19e,
    un club de foot pour tous
    4 septembre 2011 18:21, par pepito

    moi je suis un attaquant ou milieu bonne passe technique crochet double contacte virgule roulette et belle lecture du jeu vitesse precisinon et physique contacter moi anissebilalhotmail.fr

    Répondre


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