mercredi 19 juin 2013|
 

Le lycée Bergson mobilisé contre la réforme de l'éducation

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Les élèves du lycée Bergson s’organisent

La semaine dernière, une partie des élèves du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, a fait blocus contre la réforme du lycée annoncée par Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, et actée au Journal Officel. Au même moment, huit syndicats d’enseignants appelaient à la grève générale, contre le manque de moyens dont disposent les établissements pour encadrer les étudiants et faire face à des violences de plus en plus fréquentes.

À Bergson, un petit groupe porte la contestation. Paolo S., 17 ans, en terminale L et Etienne C., 15 ans sont l’âme de ce groupe. « Nous sommes un des seuls lycées mobilisés de Paris. Cette réforme ne nous convient pas du tout. Elle va à l’encontre de l’éducation. Les suppressions de postes, le fait que nous serons encore plus nombreux en classe. Le bac ne vaudra plus rien après cette réforme. Nous sommes en colère. »

Les étudiants craignent surtout la disparition de certaines disciplines, le regroupement des classes et la pénurie de professeurs. Au lycée Bergson, deux classes de secondes passeront de 24 à 35 élèves. « Cela rend impossible les travaux pratiques », constate Paolo.

Alain Anton, le proviseur, affirme qu’aucune suppression de poste n’est prévue à Bergson, hormis un départ à la retraite. Il ajoute qu’en ce qui concerne les classes : « J’ai moins d’élèves que l’année dernière. En 2002, il y avait 750 étudiants à Bergson, cette année ils sont 400 à peine. Comment voulez-vous que je ne supprime pas de classes ou des professeurs ? Avant tout, il faut des élèves pour enseigner. » Lors du dernier conseil d’administration, la majorité des participants (20 sur 24) a voté en faveur de la DHG, la Dotation horaire globale.

Certains professeurs soutiennent le mouvement des étudiants et ont participé, jeudi 18 février 2010, à la grève nationale. Parmi eux, le professeur d’histoire et géographie, Serge Sebban, du syndicat FO : « En tant que profs, nous sommes engagés au niveau régional et national contre la réforme Chatel. Une réforme catastrophique, qui va réduire les heures d’enseignement pour les élèves. Elle doit être abandonnée. »

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L’entrée du lycée Bergson, vendredi 19 février 2010

Le grand thème de discorde concerne la suppression des cours d’histoire et géographie en terminale S. Ancien professeur d’histoire, Alain Anton juge qu’il s’agit d’une mesure réaliste : les élèves en terminale S ont un emploi du temps très chargé et « font de l’histoire quand ils leur reste du temps ». Mais le lycéen Paolo, lui, ne mâche pas ses mots à l’encontre de la mesure : « Dans l’instauration d’un régime totalitaire, l’histoire est la première matière a être supprimée, parce qu’elle permet de savoir ce qui s’est passé et ce qui se répète. »

Pour Serge Sebban, cette mesure est catastrophique car elle marginalise, selon lui, une discipline qui était considérée comme incontournable dans l’enseignement secondaire. « L’apprentissage de l’histoire géo devient optionnel, une matière dont on peut se passer. C’est dramatique pour la formation des citoyens. »

Une tension relative règne au lycée Bergson. Les élèves déclarent qu’ils ont subi des violences durant la première semaine du blocus : selon eux, la police, appelée par le proviseur. Le proviseur lui-même aurait poussé, voire donné des coups dans le dos des jeunes qui essayaient de bloquer l’entrée du lycée. « Il n’a pas fait vraiment mal, mais c’est juste que cela ne se fait pas de frapper. On n’attend pas ça d’un proviseur », raconte une camarade de Paolo.

Alain Anton explique que les jeunes empêchaient les collégiens (du collège Bergson) et certains élèves handicapés d’entrer dans leur établissement. Il rappelle aussi que le mouvement de blocus est illégal. « J’étais en première ligne : je suis un proviseur à la grille, moi ! » ajoute-il.

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Paolo, 17 ans et Etienne, 15 ans

En ce qui concerne la violence scolaire, le lycée Bergson semble être à l’abri. En revanche, le collège est touché par ces questions. « Il nous faudrait deux surveillants supplémentaires, explique le professeur Sebban. Ils sont dix pour environ 500 personnes au lycée et 700 au collège. Insuffisant même si c’est mieux que dans d’autres établissements. »

Les vacances scolaires ont clos la contestation. Mais les élèves préviennent que, pendant les vacances, auront lieu plusieurs réunions syndicales régionales. Ils affirment qu’une suite sera donnée au mouvement à la rentrée. Le proviseur Anton, qui a été contacté par beaucoup de parents inquiets, se montre déterminé. « Ce blocus est illégal, il est hors de question qu’il continue. Je ferai donc appel à la Police et au recteur si nécessaire », prévient le proviseur. Rendez-vous le 8 mars 2010.

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