vendredi 24 mai 2013|
 

À la Villette, une auberge de jeunesse très anglo-saxonne

L’auberge de jeunesse ouvre sur la place de Bitche, à deux pas du canal de l’Ourcq.

Installée depuis quatre ans dans le 19e arrondissement de Paris, l’auberge de jeunesse Saint Christopher’s Inn Paris accueille principalement des voyageurs anglo-saxons, attirés par l’ambiance du lieu et les services proposés.

Au bord du Canal de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris, Saint Christopher’s Inn Paris, version française d’une chaîne anglaise d’auberges de jeunesse du même nom, a ouvert ses portes en janvier 2008. Sur les ruines d’un ancien entrepôt du Bassin de la Villette, les architectes Chaix et Morel ont imaginé un bâtiment novateur, aux lignes et courbes épurées et aux allures écologiques. Couleur vert gris, l’ensemble a été pensé pour faire entrer le maximum de luminosité. Un jardin intérieur, puit de lumière, a même été installé au centre de l’édifice.

La chaîne d’auberges Saint Christopher’s Inns, qui s’est d’abord développée outre-Manche, cherche aujourd’hui à s’implanter en Europe. À Paris, le choix du 19e arrondissement n’est pas le fruit du hasard : « C’est très difficile de s’installer dans la capitale, le marché de l’immobilier est bouché, explique Yann, directeur d’exploitation du lieu. Pour faire de l’hébergement partagé, on est obligé de s’installer dans des endroits moins chers, comme le 19e arrondissement. »

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Le Saint Christopher’s propose de nombreux services : un Internet café, le wifi gratuit et une boîte de nuit au sous-sol.

Réservations en ligne

Cette localisation dans le 19e arrondissement, au coeur du quartier de la Villette, offre à l’établissement un atout de taille : « Saint Christopher’s Inn est proche de la Gare du Nord. C’est très pratique pour notre clientèle anglo-saxonne qui arrive en France par l’Eurostar, note le jeune directeur. Nos principaux clients sont anglo-saxons, Américains, Canadiens et Anglais. »

Les voyageurs découvrent souvent le Saint Christopher’s via Internet. « 90% de nos réservations se font sur la Toile », remarque Yann. Mais, parfois, le bouche à oreille fonctionne aussi. Kirsten, américaine, originaire de l’Etat de Géorgie, vit en France depuis le mois de Janvier 2012. « Des amis m’ont parlé de cette chaîne d’auberges, raconte-t-elle, Ils avaient séjourné dans un Saint Christopher’s en Irlande et avaient beaucoup aimé. Voilà pourquoi j’ai choisi de venir ici ».

Situé au 159 rue de Crimée, le lieu est, à l’image de ses clients, très anglo-saxon. L’entrée du Saint Christopher’s Inn se trouve au sein du bar-restaurant de l’auberge,le Belushi’s. Dans un décor mi far-west mi pub anglais, la serveuse, qui parle uniquement anglais, apporte des Burgers sur toutes les tables. Le soir, des jeux sont organisés comme le pub quizz ou l’open mike, version anglaise d’une scène ouverte.

Dortoir "Amélie Poulain"

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« L’auberge est proche de la gare du Nord, explique Yann, son directeur. C’est pratique pour notre clientèle anglo-saxonne. »

Pour satisfaire sa clientèle, la chaîne Saint Christopher’s Inns met l’accent sur son côté anglo-saxon mais pas uniquement : « Ce que nous voulons, c’est offrir du qualitatif : de l’espace dans les chambres, des conseils aux clients et une propreté irréprochable », rappelle Yann. Le Saint Christopher’s propose en outre de nombreux services : un Internet café, le wifi gratuit et une boîte de nuit au sous-sol. Des soirées y sont organisées les mardis, jeudis et vendredis.

Sur six étages, les portes des chambres ouvrent sur des couloirs lumineux. Chacune d’elles porte le nom d’un lieu touristique de Paris. Au 5e étage, dans le dortoir "Amélie Poulain", Kayla, en voyage en Europe pour deux mois, s’est installée pour quelques jours à l’auberge. Cette jeune canadienne a déboursé 28 euros par nuitée. « C’est cher, mais pour Paris ça reste raisonnable », lâche-t-elle, résignée. En dortoir, le prix d’une nuit oscille en fonction des saisons entre 22 et 40 euros ; entre 60 et 100 euros pour les chambres à deux.

Appréciée des riverains

Kayla est séduite par l’aspect tout confort de l’auberge : « Il y a l’eau chaude dans les douches, j’adore les petits rideaux privatifs sur chaque lit et la vue est magnifique ». Les chambres des derniers étages profitent en effet d’un beau panorama sur le canal de l’Ourcq et sur la place de Bitche, ses marronniers en fleurs et l’Eglise Saint-Jacques-Saint-Christophe de la Villette.

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Depuis l’auberge de jeunesse, la vue sur le canal est particulièrement appréciée.

Retour au rez-de chaussée de l’auberge, au Belushi’s. En fin de journée, les tables libres se font de plus en plus rares. Les clients échangent récits de voyages et programmes de visites autour d’une bière. Un peu à l’écart, Grégory et Hilal, des habitants du 19e arrondissement, se sont installés confortablement pour réviser leur épreuve de physique. « C’est un peu cher, mais ça change de la bibliothèque », s’exclame Hilal.

Une ou deux tables plus loin, deux sexagénaires du quartier se racontent leurs souvenirs de voyage à Cuba autour d’un café. « De plus en plus de riverains s’installent volontiers au bar », observe Yann. L’auberge de jeunesse n’est donc pas un espace uniquement réservé aux voyageurs : les habitants du quartier y trouvent volontiers leur place.

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