vendredi 24 mai 2013|
 

Un ressortissant chinois du 19e menacé d'expulsion

M. Canjian Gao habite depuis dix ans dans le 19e arrondissement de Paris. Le tribunal administratif a prononcé son expulsion le 15 février 2011. Réseau Éducation sans Frontières se mobilisent pour empêcher son départ. Il est père de deux collégiens, scolarisés dans l’arrondissement.

Mardi 15 février 2011, la décision du tribunal administratif de Paris est tombée comme un couperet. M. Canjian Gao doit être expulsé rapidement vers la Chine, son pays d’origine. A l’audience, son avocat Maître Rep avait demandé l’annulation de l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière qui sanctionne son client.

Le 9 février, M. Gao, habitant du 19e arrondissement, est contrôlé par la police alors qu’il partait travailler. Il vit en France depuis près de dix ans. Sans titre de séjour, il est emmené au commissariat et placé en garde à vue. Quelques heures plus tard, le voilà au centre de rétention administrative de Vincennes. Ses deux enfants, Shuang et Hao, sont scolarisés en 5e et 6e au collège Charles Péguy, dans le 19e.

Toute la famille est très bien intégrée dans la communauté du quartier, selon Réseau éducation sans frontières (RESF), un collectif de solidarité avec les enfants de familles de sans-papier .

Une audience expéditive
La mobilisation des marraines de la famille Gao et du réseau éducation sans frontières n’a pas suffi. « Cette fois-ci, tout s’est passé très vite », explique Emma Bajac, membre du réseau.

Cette famille, comme beaucoup d’autres, est soutenue par des parrains ou marraines républicains, qui l’aident à effectuer des démarches d’intégration : scolarisation des enfants, obtention de titres de séjour.

Dès qu’ils apprennent la garde à vue d’un de leur « filleul », ils interviennent immédiatement pour faire annuler les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière qui les menacent, en présentant les certificats de scolarité des enfants ou toute autre preuve de leur bonne intégration dans la société.

Juste après son arrestation, RESF a lancé une pétition de soutien à adresser à la préfecture, pour appeler à sa libération et à sa régularisation.

L’audience est expéditive : moins de dix minutes. Maître Rep a évoqué le principe de protection des familles, insistant sur le fait que l’arrêté n’avait pas assez considéré la situation de M. Gao et la scolarisation de ses enfants. Qu’adviendra-t-il quand il sera en Chine et ses enfants en France ?

Le représentant de la préfecture a alors répliqué que puisque ses enfants l’ont rejoint en 2006, alors qu’il était en France depuis 2001, M. Gao n’est pas sans attache dans son pays d’origine, et qu’il n’y a donc pas d’atteinte disproportionnée à sa situation familiale.

Maître Rep va pourvoir en cassation le jugement du tribunal administratif auprès du Conseil d’État.

En attendant, M. Gao est au centre de rétention administratif de Vincennes, loin de sa famille désemparée.

Clandestin ou sans-papier ?

Il faut distinguer un immigré clandestin d’un sans-papier. Les sans-papier cherchent à obtenir des titres de séjour en toute régularité, contrairement aux clandestins, qui atterrissent souvent directement dans les ateliers et vivent dans l’ombre en permanence.

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