
Le trafic de crack autour du bassin de la Villette, du côté de la place Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris, engendre de nombreuses nuisances pour les habitants : cambriolages, agressions, insécurité. Une situation difficile qui a donné lieu à une réunion de concertation à la Mairie du 19e. Une cinquantaine d’habitants, signataires de pétitions, y ont exprimé leur ras le bol. Le climat reste tendu.
« Le trafic se fait entre minuit et 2 heures du matin » explique Françoise, une habitante du quartier du bassin de la Villette. Elle vit dans un des immeubles récents entre le canal et l’avenue de Flandres. Et comme ses voisins, elle subit les conséquences du deal de crack qui se tient sur la Place Stalingrad et dans les rues adjacentes.
Cambriolages, agressions, insécurité : la situation est difficile pour les Parisiens de ce secteur. « J’ai retrouvé récemment quatre gamins de 12, 13 ans dans mon parking avec un adulte d’une quarantaine d’années en train de dealer », s’inquiète cette femme du quartier. Elle a appelé la police « mais je les attends toujours. » Même constat chez d’autres voisins. « La police se déplace peu quand on les prévient » nous dit un jeune père de famille.

- Au bord du canal, les SDF et toxicomanes vont bientôt laisser place à la terrasse d’un restaurant situé en face
Pourtant, le commissaire et les représentants de la Préfecture de police étaient présents lors d’une réunion qui s’est tenue le 1er février 2011 à la mairie du 19e. Ils ont alors expliqué aux habitants conviés la situation dans le quartier, les actions menées pour démanteler les trafics, ainsi que le profil des consommateurs de crack.
Un cours magistral auquel dixneufinfo.com n’a pu assister. « Pas de journalistes, seules les personnes signataires de pétitions et de lettres à la mairie peuvent assister aux débats. Ce n’est pas public », a prévenu le représentant du cabinet du maire. « Dès le début, Roger Madec, maire du 19e, nous a dit qu’il y avait beaucoup moins de problèmes dans le quartier, alors ça nous a refroidis. Après, on nous a tendu le micro, mais aucune des personnes présentes n’a répondu. Elles écoutaient juste » se souvient Françoise.
Pour autant, ses paroles ont dû être entendues, car selon le cabinet du maire, ce dernier reste « très préoccupé par la situation, qui demeure fragile et difficile. » Celui-ci a initié un travail avec l’association Coordination Toxicomanies qui réalise un suivi social et sanitaire des « crackers », implantés à Stalingrad. Une cellule de veille a été mise en place avec le commissariat et les professionnels de santé pour un échange d’informations.
Autre piste évoquée : occuper l’espace public pour gêner la présence des personnes SDF et des toxicomanes, avec l’extension de la terrasse 25 degrés Est et l’ouverture en juin de la Rotonde. « Mais cela ne va pas tout résoudre », reconnaît-on côté mairie. Les habitants sont aussi sceptiques : « Le deal va se déplacer alors, dans les rues adjacentes. »
La situation reste tendue. Un cambriolage a eu lieu, il y a quelques jours, dans l’immeuble de Françoise. Avec ses voisins, elle retrouve souvent des seringues et des préservatifs dans le hall d’immeuble ou dans le parking. Mais aussi de jeunes prostituées « Des filles en mauvais état physique qui racolent Place Stalingrad. »
Arrestation d’un dealer de crack, le 16 février 2011.
Une opération de police a eu lieu dans la nuit du 14 février au 15 février.
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