
Le Rosa Bonheur, situé au coeur du Parc des Buttes Chaumont, a ouvert en 2008.
Les responsables de la guinguette Rosa Bonheur, dans le 19e arrondissement de Paris, demandent désormais aux hommes de se présenter aux portes de leur établissement accompagnés d’une femme. Faute de quoi, l’entrée leur est refusée. Des clients se plaignent de cette décision.
« Une recrudescence de mâles affamés de jeunes filles en fleur » au Rosa Bonheur, dans le 19e arrondissement de Paris. Étonnant, n’est-ce pas ? C’est pourtant ce qu’annonce la guinguette du parc des Buttes Chaumont, sur son site web depuis la fin du mois d’avril 2012. Devant le nombre croissant d’hommes venant « en groupe de “chasseurs” » l’établissement a dû limiter l’accès aux hommes non accompagnés, par respect de la « parité ».
En soi, cette pratique est assez courante. Nombreuses sont les boîtes de nuit qui limitent l’accès aux hommes et préfèrent laisser entrer les femmes. Cependant, rares sont celles à la revendiquer aussi clairement. Et pour cause, cela attise les ressentiments.
Jérôme Notin, 39 ans, habite le 19e arrondissement depuis huit ans. Il s’est déjà rendu au Rosa Bonheur à plusieurs reprises, en journée. Le 23 mai 2012, il va boire un verre dans le Parc des Buttes Chaumont, en soirée, avec un ami mais se voit refuser l’entrée du Rosa Bonheur.
Un choc pour lui. « C’est peut-être étrange de dire cela, mais je suis blanc, la discrimination, je n’ai jamais connu. On ne m’a jamais refusé l’entrée d’un établissement, je n’ai jamais été contrôlé par la police... » Ce chef d’entreprise est d’autant plus étonné, que l’établissement n’était pas plein, qu’il était 21h30 et que les deux amis n’étaient pas alcoolisés. Deux autres hommes se présentent à l’entrée juste après eux et se fout refouler de la même manière.
Une plainte déposée
Pour Jérôme Notin, cette pratique est « discriminatoire et illégale ». Il compte donc porter l’affaire devant les tribunaux et déclare avoir saisi le Défenseur des droits (successeur de la Halde). En effet, si l’on se réfère aux textes de loi, « constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation sexuelle ou son sexe, une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable ».
De plus, cette nouvelle décision du Rosa Bonheur semble aller à l’encontre de sa propre charte, disponible sur leur site internet : « Rosa Bonheur est ouvert à tous les publics et ne procède à aucune sélection, sauf celle requise par la législation contre l’alcoolisme ou en cas d’attitude particulièrement agressive de la part d’individus. » Les responsables de la guinguette n’ont pas souhaité s’expliquer sur le sujet.
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