mardi 21 mai 2013|
 

De l'autre côté des caméras de surveillance

Le commissaire Rigon (au centre) observe le travail des opérateurs de vidéosurveillance, en pleine opération.

2012 sera l’année de la vidéosurveillance. Lancée le 21 décembre 2011 par le préfet de police de Paris, la phase du déploiement des caméras a maintenant commencée. Sur les 82 appareils prévus dans le 19e arrondissement, quatorze sont déjà installés. Comment cela fonctionne-t-il et quels sont les résultats ? Reportage au commissariat central du 19e.

« Il est là, en face de vous, casquette blanche et visière noire. » Derrière son ordinateur, les yeux rivés sur l’écran, le brigadier Petit oriente une patrouille sur le terrain. En pleine fête de Pourim (fête des hasards, dans le calendrier Juif, équivalente au Mardi gras pour les catholiques), jeudi 8 mars 2012, des jeunes lancent des pétards à quelques rues du commissariat. « Le problème, c’est qu’ils les lancent sur les gens, explique le brigadier. Ce sont de gros pétards et les gens n’arrêtent pas de nous appeler depuis le début de l’après-midi. »

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Depuis la salle de contrôle, le brigadier Petit analyse la situation et oriente ses collègues présents sur le terrain par téléphone.

En face de lui, neuf écrans sur lesquels on peut voir les policiers se rapprocher des jeunes qu’il a identifiés. Interpellés, les mineurs devront expliquer leur geste aux policiers. Dans la salle de contrôle du commissariat central du 19e arrondissement, deux opérateurs continuent d’observer les rues alentours. La qualité d’image est étonnante, comme la puissance du zoom qui permet de lire des plaques d’immatriculation à l’autre bout de la rue.

« C’est vraiment un bel outil, estime le commissaire Jacques Rigon, en poste depuis quatre mois. Depuis le 10 janvier dernier et avec seulement quatorze caméras opérationnelles, nous avons déjà réalisé près d’une trentaine d’arrestations pour des dégradations, des vols au distributeur automatique ou des refus d’obtempérer. » Les caméras ont récemment permis l’arrestation en flagrant-délit de trois ressortissants roumains, auteurs de vols au distributeur de billets situé à l’angle des rues Riquet et Flandre. « Ils avaient délesté de 450 euros un retraité de l’arrondissement, explique le commissaire. Celui qui a pris l’argent s’éloignait tout content sur l’avenue de Flandre. On le voit faire un saut de joie, mettre l’argent dans son slip et deux secondes après, on le voit se faire arrêter. » Les jeunes âgés de 15 à 16 ans ont ensuite été déférés au Parquet.

Les caméras ne sont pas installées au hasard. Dans le 19e arrondissement, les implantations ont été choisies après une longue étude, plusieurs concertations entre la mairie de Paris et la mairie du 19e et des réunions publiques avec les habitants. D’après des chiffres révélés par la préfecture de police en février dernier, l’installation de 180 caméras dans la capitale aurait permis la réalisation de 642 interventions, 347 interpellations et 56 gardes à vue. Soit une moyenne de 15 arrestations par caméra et par an, d’après les calculs du site Les Inrocks.com.

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Les patrouilles présentes dans le 19e arrondissement sont géolocalisées. Depuis la salle de contrôle, une cartograhie permet aux opérateurs de voir quelles équipes peuvent rapidement intervenir en cas de problème.

Fonctionnant 24 heures sur 24, la salle de contrôle est devenu le centre nerveux du commissariat. Deux opérateurs y travaillent jours et nuits. Le premier, chef de salle, prend en charge le temps réel pendant que le second fait de la vidéo patrouille sur les secteurs les plus sensibles. Autrement dit, il surveille et cherche l’infraction. En cas d’intervention en temps réel, comme pour cette affaire de pétards, les deux opérateurs peuvent travailler en binôme.

« Les caméras ont d’abord une logique de prévention, dit le commissaire Rigon, on n’attend plus l’appel comme avant, on peut anticiper. » Elles servent aussi à aider les policiers lorsqu’ils reçoivent un appel en permettant aux opérateurs en salle d’orienter leurs collègues sur le terrain et en favorisant le suivi d’individus en fuite. Le traitement des images enregistrées par les caméras peut également être utile à la résolution d’enquêtes en cours. Conformément à la loi, les images ne seront conservées dans la base de données que 30 jours avant d’être automatiquement écrasées. Dans le cadre d’une enquête judiciaire, les policiers pourront cependant sélectionner et graver des clichés sur CD avant de les transmettre à la justice.

Au commissariat, on estime que l’outil est indispensable et qu’il « enrichit considérablement le travail des policiers ». Pourtant, le « plan 1 000 caméras pour Paris », dévoilé en octobre 2008, avait été très critiqué par les associations et les riverains, ceux-ci craignant d’être observés par les policiers, y compris chez eux. Aujourd’hui, les 82 caméras bientôt installées dans l’arrondissement inquiètent.

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Seuls les fonctionnaires habilités et formés ont accès à la vidéo. Les fenêtres des immeubles sont automatiquement floutées pour éviter les abus. Et bientôt, l’accès à la salle de contrôle lui même sera réservé aux policiers disposant d’un badge.

« Pas d’inquiétude, répond le commissaire Rigon, le système est ultra sécurisé. » Seuls les policiers formés et habilités à la vidéosurveillance ont accès aux images grâce à une carte à puce qui doit être insérée dans un lecteur pour accéder à la vidéo.

Quant aux images, impossible de zoomer sur les fenêtres d’un immeuble. L’image se floute instantanément. « C’est suffisamment flouté pour qu’on ne puisse pas épier la voisine dans sa salle-de-bain, commente le commissaire Rigon. Mais pas trop, pour que les pompiers puissent apercevoir les silhouettes à la fenêtre en cas d’incendie. »

En plus des 82 caméras installées dans l’arrondissement, les policiers auront bientôt accès aux caméras du réseau RATP ainsi qu’à celles dont sera équipé le tramway dès sa mise en circulation. En tout, le commissariat du 19e arrondissement contrôlera près de 320 caméras.

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4 commentaires
  • De l’autre côté des caméras de surveillance 26 mars 2012 14:42, par roméo

    Enfin, notre Sécurité dans le 19 eme,

    dispose , d’outils modernes de télé surveillances pour en amont, prévenir les risques de délinquances potentielles , cibler les secteurs à risques, identifier les bandes et individus suspects,
    Mais la CNIL est garante aussi, de nos libertés fondamentales individuelles et citoyennes, l’insécurité ne doit pas non plus nous conduire vers une société" ultra sécuritaire", l’invention des cartes à puces, le code IP de nos ordinateurs, les codes barres dans les super marchés, pistent et encerclent le moindre fait et gestes ,des actes de notre vie ordinaires :nous les citoyens honnêtes.
    Même les satellites peuvent photographier ,un individu marchant dans une rue à des milliers de km d’altitude, cela nous concerne tous, nous nous devons donc, d’ être très vigilent sur le respect du droit constitutionnel de nos libertés républicaines.

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  • De l’autre côté des caméras de surveillance 26 mars 2012 17:34, par miclucas

    Moi , ca ne me derange pas , je n ai rien a me reprocher ..........

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  • De l’autre côté des caméras de surveillance 28 mars 2012 16:08, par adeline scmittweiller

    Même dans le bus RATP, ou métro on est filmé 24Hsur 24, dans les magasins, partout inquiétant pour les honnêtes citoyens, si vous avez une maîtresse on peut le savoir, vie privée ou vie publique ? nous ne sommes pas des ROCKS STARS , le raisonnement de mr Miclucas est un peu simple et de court terme, en politique tout peu évoluer en bien comme en mal.

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  • Je me demande si ces fameuse caméra sont vraiment efficase et si se n est pas encore de la poudre aux yeux hier ver 17h30 une femme de 85 ans c est fait aracher ses chaines part comme toujours la même racaille sous la caméra et toujours pas arrêté si c’était un automobiliste il serai déjà covoquer et verbaliter

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