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Des travailleurs sans-papiers sont en grève depuis onze mois à la porte des Lilas, dans le 19e arrondissement. Ils bloquent le chantier du tramway, pour lequel ils travaillaient. Ces ouvriers espèrent une réponse de la préfecture en vue de leur régularisation. En attendant, ils campent dans la rue.
Des tentes, une cabane de chantier, des bâches, des banderoles... Vingt-cinq sans-papiers vivent sur un bout de trottoir, à la porte des Lilas. Depuis le 9 octobre 2009, ils sont en grève et occupent le chantier du tramway pour lequel ils travaillaient. « Nous aimons la France. Nous voulons vivre ici dignement. Nous ne voulons pas être exploités toute notre vie ! » Dianka, porte-parole du mouvement est déterminé.

- De grandes banderoles interpellent les passants, qui s’arrêtent facilement
Il se bat pour obtenir une autorisation de travail et de vie en France pour dix ans. Aujourd’hui sept dossiers ont obtenu une réponse favorable de la préfecture, même si quelques uns n’ont eu qu’une autorisation provisoire de maximum neuf mois. « On attend pour les 17 autres dossiers, mais la préfecture va tout doucement, comme un caméléon. » explique le travailleur d’origine malienne, depuis l’an 2000 en France.
Ce sont les employeurs qui doivent faire la demande de régularisation auprès de la Direction du travail. Les travailleurs doivent avoir effectués 1070 heures dans l’entreprise avec une présence de plus de 5 ans en France. Les vingt-cinq ont décroché le fameux Cerfa, certificat indispensable à l’obtention de l’autorisation de travail. « Le cerfa est la clé de la porte. » explique Dianka. Maintenant ils attendent leur régularisation. Ils ont déposé leur dossier le 29 juillet dernier en préfecture.
Les sans-papiers de la Porte des Lilas sont embauchés par une société d’interim, située dans les Hauts de Seine. « Depuis 10 ans que je suis en France, j’ai multiplié les contrats d’un ou six mois. J’ai travaillé sur des grands chantiers pour Colas, Fayol ou Bouygues » explique Noa, terrassier de métier. Il paie ses impôts en France et entend y rester. En 2009, son employeur lui a demandé de se présenter avec des papiers d’identité. Faute de permis de séjour, il lui a signifié que la mission était terminée. C’était le 9 octobre dernier et depuis il est en grève. « Même si vivre pendant onze mois sur le trottoir, sans ressources, ce n’est pas facile. »

- Les sans-papiers espèrent être régularisés avant l’hiver
Alors la solidarité s’est organisée. Les habitants du secteur les soutiennent « en donnant de l’argent, de la nourriture, des vêtements. » précise Dianka. Ils ont même organisé une brocante à leur profit, en juillet dernier. La mairie du 19e est aussi très présente par des colis alimentaires. Elle leur a fourni un algeco avec les toilettes.
Pourtant, les conditions de vie sont précaires sous des tentes entre les bus et les voitures qui défilent. Les vingt-cinq grévistes se sont organisés. Après avoir campé toutes les nuits depuis trois mois, ils ont constitué trois équipes qui dorment par roulement dans ce camps improvisé. « Même si nous vivons comme des sans abri, nous préférons continuer comme ça que d’être exploités. Un jour viendra et ça se finira. » Dianka y croit.
Le mouvement des sans-papiers de la porte des Lilas est soutenu par l’Union syndicale Solidaires
Au niveau national et après huit mois de mobilisation, les sans-Papiers ont obtenu du gouvernement, un accord harmonisant les critères de régularisation par le travail et garantissant l’égalité de traitement entre salariés. Depuis le mois de juin, date de l’accord, 1 600 dossiers ont été déposés en préfecture, mais seulement une dizaine de travailleurs ont obtenu un titre de séjour.
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