samedi 25 mai 2013|
 

Jacques Rigon, commissaire au service « des gens ordinaires »

Commissaire dans le 19e arrondissement de Paris depuis six mois, Jacques Rigon est un amoureux du service public qui exerce son métier non seulement par engagement mais surtout par passion. À 43 ans, il est à la tête d’un commissariat de 540 personnes et n’a qu’une idée en tête : « toujours faire mieux ». Portrait.

Crâne rasé et uniforme, Jacques Rigon attend debout devant la porte de son bureau au commissariat central du 19e arrondissement de Paris, droit comme un I. Son allure militaire renvoit l’image d’un homme froid et rigide. Il est pourtant bavard et souriant. Commissaire dans le 19e depuis le 13 octobre 2011, le fonctionnaire a toujours été attiré par le service public.

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« J’essaie de ne pas laisser les gens sans réponses, même si on leur donne simplement un conseil, je veux qu’on les écoute, qu’on les reçoive », Jacques Rigon, 43 ans, commissaire central du 19e arrondissement.

Après des études de droit à la faculté d’Aix-en-Provence, Jacques Rigon, originaire du Vaucluse, a quelque peu hésité entre police, justice et armée. En 1995, il passe finalement le concours de police et devient lieutenant à Carpentras, puis à Avignon. Dans la foulée, il réussi le concours de commissaire et passe un an à Marseille.

Une police exemplaire

En 1999, le provincial issu d’une famille modeste choisit de conquérir Paris, ville qu’il ne connait pas vraiment. « J’étais venu une fois, en coup de vent, avec mon père pour une vente aux enchères, se souvient-il. Déjà, j’étais attiré par l’image de la préfecture de police, cette institution riche de 200 ans d’histoire. Pour moi, c’est vraiment la police exemplaire. »

Rapidement intégré, le commissaire travaille successivement sur les 11e, 20e, 4e et 10e arrondissement de Paris. « Nous les commissaires ne sommes pas maitres de notre destin, regrette-t-il. Nous ne restons jamais très longtemps au même endroit. » En ce qui le concerne, il a passé près de trois ans sur chaque arrondissement. Assez de temps selon lui pour bien connaitre le territoire et ses problématiques.

« C’est un homme qui a une grande capacité d’écoute », témoigne Fausto Rotelli, 36 ans, président de "l’Association des habitants du passage du Prado et de la porte Saint-Denis", dans le 10e arrondissement de Paris. Il y a trois ans, Jacques Rigon, alors commissaire du 10e, s’est intéressé de près au cas de ces habitants, effrayés à l’idée d’emprunter le passage du Prado le soir, à cause des dealeurs, des petits délinquants et de la prostitution.

« Il a su nous écouter »

Habitant du quartier depuis décembre 2006, Fausto Rotelli n’a d’autre choix que d’emprunter ce passage pour entrer et sortir de chez lui. Longtemps mal accueilli par les services du commissariat, cet agent EDF, père de deux petites filles, a trouvé une oreille attentive en la personne de M. Rigon. « Il est le premier à avoir pris le temps de nous écouter, dit-il, il a su réorganiser l’activité du commissariat par rapport aux attentes des habitants. Il ne se contente pas de ses objectifs, il va au-delà et j’ai beaucoup de respect pour lui. » Si les problèmes du passage du Prado ne sont pas complètement réglés aujourd’hui, Fausto Rotelli est formel : « c’est vraiment grâce au commissaire Rigon que les choses ont pu évoluer. »

Aujourd’hui à la tête du commissariat du 19e arrondissement, Jacques Rigon défend une police de proximité, soucieuse d’assurer la sécurité et le bien-être des « gens ordinaires ». « Je n’ai jamais fantasmé sur la grande police judiciaire, confie-t-il, je n’ai jamais voulu devenir le commissaire Maigret ou le commissaire Moulin. Ce qui m’intéresse, c’est la sécurité quotidienne des gens. » Une préoccupation qu’il cultive depuis l’enfance lorsque son père, artisan mécanicien, était victime de cambriolages à répétition. « Je trouvais ça tellement injuste, raconte-t-il, je rêvais d’un service public noble, au service de tous et en particulier de gens comme moi, comme mes parents. »

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Pour Jacques Rigon, qui a vu naître le plan 1 000 caméras, la vidéosurveillance enrichit le travail des policiers. Malgré les critiques, il prône le développement de cette technologie dans le 19e arrondissement.

Passionné et un brin perfectionniste, Jacques Rigon passe douze heures par jour au commissariat central. Tôt le matin, il prend connaissance des évènements de la nuit et assure un suivi toute la journée. « J’ai vraiment à cœur d’être informé le plus finement possible pour pouvoir réagir en fonction de l’actualité », explique-t-il. Le midi, il déjeune en dix minutes, sur un bout de table et le terrain, il ne le voit plus si souvent. « J’aime beaucoup rencontrer les gens, raconte-t-il, et le terrain me manque, je voudrais me cloner parfois ! »

Avec 540 personnes sous ses ordres, des policiers aux agents de surveillance, en passant par le personnel administratif, le commissaire pilote l’activité du commissariat. « Je suis aussi là pour définir le cap et les objectifs, pour mettre de l’huile dans les rouages », explique le fonctionnaire qui s’imagine assez bien en capitaine d’équipe de foot. Dans le 19e, il est confronté à plusieurs problématiques : le trafic de stupéfiants dans le secteur Stalingrad, les vols avec violence un peu partout dans l’arrondissement et la prostitution boulevard de la Villette et boulevards des Maréchaux.

Le local avant tout

Quand on lui demande s’il est soumis à la politique du chiffre, Jacques Rigon est catégorique, c’est non. « Bien sûr, je mets en œuvre la politique de sécurité définie par le préfet ou le ministère, concède-t-il, mais ça ne m’empêche jamais d’avoir mes objectifs locaux pour assurer la sécurité de l’arrondissement. »

Une méthode qui semble payer si l’on en croit Pierre Coulogner, 66 ans, président de l’association "Vivre Gares du Nord et Est". Face à des problèmes de sécurité et de salubrité dans le secteur des gares du Nord et de l’Est, l’association a fait appel au commissaire Rigon qui a entamé différentes actions. Fervent défenseur de la communication, il a tenu l’association informée des actions de ses équipes et de leurs résultats au jour le jour, à travers des emails et un tableau retraçant les évolutions des nuisances par quartier. Un souci de suivre les dossiers quotidiennement qui fait la différence selon ceux qui ont eu affaire à lui. « Jacques Rigon est assurément quelqu’un qui marquera chacun de ses postes par une réelle évolution des esprits dans les commissariats », estime Pierre Coulogner.

Lorsqu’il enlève sa casquette de commissaire, Jacques Rigon prend le temps de se consacrer à sa passion : l’histoire. Plus particulièrement, l’antiquité romaine. « Quand mes amis ne savent pas quoi m’offrir, ils peuvent m’acheter la dernière parution sur la République romaine, sur l’Empire ou sur la période de la décadence, plaisante-t-il. »

Marié et père d’une petite fille de deux ans, celui qui tient le commissariat central du 19e d’une main de fer tombe le masque une fois à la maison. « Je m’incline, lance-t-il en souriant, chez nous, c’est ma femme, capitaine de police, qui prend les choses en main. »

À lire également, notre reportage sur les caméras de vidéosurveillance : De l’autre côté des caméras de surveillance

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2 commentaires
  • Nous sommes heureux et nous vous félicitons ,
    pour votre nomination dans le 19 eme arrondissent.

    Beaucoup de travail à faire la présence de 540 agents de sécurité ,
    plus les nouvelles caméras amélioreront la sécurité dans notre arrondissement.

    Mais Les habitants de notre arrondissement sont inquiets , de voir et constater le retour des bandes de jeunes fumant des joints et de la résine de cannabis ? incrustées à demeure la nuit dans nos Halls d’immeubles HLM ,
    les patrouilles du Gpis sont trop rares et pas suffisantes , il faut monter dans les étages intercalaires .

    Rue de Périgueux la présence quasi permanente d’individus ( en bande soudée )
    devant les entrées d’immeubles HLM avec des voitures de luxes , nous interpelle ????

    Boulevard Mac Donald la présence d’une petite prostitution chronique et visible de jeunes femmes originaire semble t’il , de l ’est de l’Europe ??? nous inquiète dans ce nouveau quartier à côté d’une future école maternelle. la présence de population migrante et errante clandestins sans papier( venues de Tunisie récemment ) les occupations sauvages d’immeubles privés,
    encourageés par certaines associations pose questions ???
    Mieux sécuriser les ditributeurs DAB et abords pour les personnes âgées.

    . Nos souhaits : _ :
    Il serait bon : d’inviter et d’associer , les habitants à des journées rencontre et débats avec La Police ( chaque trimestre°) et ouvrir un dialogue Police -Citoyens permanent , car la sécurité nous concerne tous.

    Suggestions :

    La création d’un numéro vert allo police, d’un site net - inter actif- dialogue citoyen- seraient des outils modernes de COM avec la population pour améliorer le dialogue- citoyens - Police.

    Bonne réussite à tous, les habitants sont là aussi pour vous aidez dans cette tâche immense et citoyenne.

    Répondre

  • M. RIGON 24 avril 2012 11:50, par DAN TAQUET

    félicitations à toi, on est fier pour toi car on connait ta modestie.

    bisous

    Daniel et Eliane

    Répondre


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