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- Violette Baranda, au conseil d’arrondissement : "Faire du ramdam est ma seule arme"
« J’ai l’impression d’être la mouche du coche ! Au conseil d’arrondissement, je suis souvent la seule à déposer des vœux qui ne vont pas forcément dans le sens de la majorité socialiste. » Violette Baranda, 59 ans, est une femme de combat. Depuis les dernières élections municipales, elle est conseillère d’arrondissement sous la bannière du Modem. Elle a perdu son siège au conseil de Paris, « car j’ai fait moins de 10 % », raconte-elle. Mais surtout, entre les deux mandats de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, l’élue a quitté les Verts pour rejoindre le centre, dans l’opposition municipale. Ces histoires d’étiquettes politiques ne semblent pas, cependant, l’embarrasser : « j’ai des copains verts et socialistes. Mais pas à l’UMP, je suis trop éloignée de leurs valeurs. »
L’élue a son franc parler. C’est une militante. « J’ai commencé à l’âge de 16 ans. J’ai été syndicaliste dans l’associatif, avec le mouvement de défense du bassin de la Villette. Ce combat contre la Ville de Paris et son maire de l’époque, Jean Tibéri, a permis pour la première fois en France qu’une association fasse modifier un Plan d’occupation des sols (POS). » Cette action a rejoint son intérêt pour l’urbanisme, le cadre de vie et l’environnement. Des thèmes chers aux Verts. Elle adhère en 2001, se présente comme tête de liste aux municipales et est élue dans le 19e, « son arrondissement de cœur ».

- "J’ai parfois l’impression que la population du 19e reste en marge"
Violette Baranda, d’origine espagnole, pratique le 19e depuis l’âge de cinq ans. Elle en est souvent partie pour y revenir. « J’ai un attachement viscéral pour cet arrondissement, dit-elle, même si aujourd’hui j’habite le 18e ». Et sa vision du 19e est plutôt pessimiste, surtout sur le sujet de l’éducation. Elle se bat d’ailleurs pour la création d’un autre lycée d’enseignement général. « C’est scandaleux ! Nos quartiers sont les plus pauvres, les moins aptes à affronter la vie. Je réclame une bibliothèque. J’ai longtemps porté le projet de créer une école différente pour des enfants qui vivent dans un environnement déstructuré. Mais le projet a capoté faute de soutien de la majorité municipale. Je ne leur ai jamais pardonné. »
Violette Baranda est volontiers critique avec l’équipe de Roger Madec, même si on sent poindre, sous le flots de reproches, de l’affection pour le maire du 19e arrondissement. Elle dénonce le manque de dynamisme, d’ambition et de vue à long terme de cette mandature. « Aujourd’hui, les projets sont au « ras des pâquerettes », pour des problèmes de coûts, mais aussi par manque de volonté. » Femme de terrain, elle conteste le transfert des compétences sociales de la ville aux associations, pour des raisons de coûts de fonctionnement.
Mais à force de dire toujours ce qu’elle pense, Violette Baranda a pris des coups dans sa vie de militante. Pour avoir refusé le financement public des crèches loubavitch à Paris, elle fut qualifiée d’antisémite. « Ce fut très dur à vivre », raconte-t-elle. Elle quitte les Verts en 2007. Aujourd’hui, elle croit au Modem, « un parti humaniste, pragmatique, écolo, laïc et surtout sans compromissions ». Comme elle se définit.
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