vendredi 24 mai 2013|
 

Une élue du 19e démissionne du groupe socialiste

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Shimon Péres lors de l’inauguration de l’esplanade David Ben Gourion, le 15 avril dernier.
Crédit : Sophie Robichon / Mairie de Paris

Le conflit israélo-palestinien s’invite dans la politique locale du 19e arrondissement de Paris et pousse Catherine Guillaume à claquer la porte du groupe socialiste et apparentés. Membre du Nouveau Parti de gauche, l’élue s’oppose à la décision du maire de Paris, Bertrand Delanoë, de donner le nom de David Ben Gourion, Premier ministre et fondateur du Parti travailliste israëlien à une promenade située dans le 7e arrondissement, à proximité du quai Branly. L’esplanade a été inaugurée, le jeudi 15 avril 2010 par Shimon Pérès, Président israëlien et le maire de Paris.

Catherine Guillaume explique sa position dans une tribune publiée sur le site Internet du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israëliens : « Un an après les massacres de Gaza, alors que cette bande de territoire palestinien est toujours sous blocus hermétique, empêchant toute reconstruction, alors que la colonisation s’accélère à Jérusalem-Est, ce soutien ne peut qu’indigner tous les citoyens attachés à la Paix et à la Justice. » C’est donc au nom de ces valeurs que la conseillère municipale quitte le groupe socialiste. « J’ai été élue pour améliorer le "vivre ensemble" dans notre République… pas pour répondre aux demandes d’organisations communautaires. »

Roger Madec, maire du 19e, s’étonne un peu de cette soudaine démission : « Il y a eu une délibération au conseil de Paris, c’était une décision connue depuis longtemps. » Sur le fond, l’inauguration est, pour lui, légitime : « La ville de Paris a voulu honorer David Ben Gourion, homme d’État et fondateur du Parti travailliste israélien. »

Les opposants à cette nomination, dont Catherine Guillaume, aimeraient voir une rue ou une place porter le nom de Yasser Arafat, dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine et prix Nobel de la paix en 1994. Roger Madec n’est pas opposé à cette idée, « mais c’est prématuré, les blessures sont encore trop fortes ». Malgré son retrait du groupe socialiste, la conseillère continuera son travail d’élue, notamment auprès des étrangers. Roger Madec ne semble pas lui en vouloir : « C’est une femme militante, honnête et sincère ».

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