vendredi 3 septembre 2010|
 

"L'extension du tramway T3 est un dossier majeur"

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Roger Madec, maire du 19e arrondissement

Depuis quand habitez-vous le 19e ?
Depuis plus de 38 ans ! J’ai d’abord vécu dans le 15e arrondissement. Je me suis installé dans le 19e, car les loyers étaient moins élevés. Je ne pensais pas y rester et je m’y suis finalement enraciné. Au final, j’ai passé la majeure partie de ma vie dans le 19e.

Comment était l’arrondissement à votre arrivée ?
En 1971, il y avait encore des usines. J’ai vécu le déclin industriel de l’arrondissement, et j’ai vu aussi des opérations urbaines menées de façon brutale. Le 19e a subi un urbanisme irréfléchi dont nous payons les conséquences aujourd’hui. Mais à partir des années 80, des projets intéressants ont abouti comme la cité des Sciences et le parc de la Villette.

Comment êtes-vous entré en politique ?

Mon père était à gauche. Je me suis engagé en politique d’abord à la section du Parti Socialiste et après, en tant qu’assistant parlementaire de Georges Sarre. C’est une carrière non programmée. J’ai juste un bac. Mais, si je devais revenir en arrière, peut-être que j’aurais aimé être vétérinaire.

Comment définiriez-vous votre action en tant que maire ?

Dès mon élection en 1995, j’ai essayé de sortir l’arrondissement de la rubrique "faits divers". Question délinquance et trafic de drogue, je dirais que les choses vont mieux. Mais ce n’est pas le paradis sur terre, la situation est fragile. Depuis quelques mois, les trafiquants de drogue reviennent à Stalingrad. C’est dû au démantèlement de réseaux récemment opérés sur Saint Denis : on ne fait que déplacer les problèmes.
Toutefois, depuis l’élection de Bertrand Delanoë en 2002 à la mairie de Paris, les dossiers avancent rapidement. En quelques années, l’habitat insalubre a été résorbé. On a créé le Centquatre, aménagé le bassin de la Villette, rénové des quartiers, requalifié le boulevard Mac Donald.

Quels sont les chantiers pour 2010 ?

L\\’extension de la ligne T3 est un dossier majeur. On prévoit aussi la rénovation du Quai de Seine, de la rue de Crimée à Stalingrad, et beaucoup d’opérations urbaines plus petites. Les entrepôts Mac Donald vont être coupés en deux pour laisser passer le tramway et ils seront réhabilités, avec des commerces, des bureaux, des logements sociaux.

Comment jugez vous l’évolution de la population ?
La population a changé : les ouvriers sont partis de Paris. Aujourd’hui, de jeunes trentenaires viennent s’installer dans le 19e, souvent pour fonder une famille. C’est un arrondissement dynamique. Le prix du mètre carré est le moins cher de la capitale. En outre, nous avons actuellement 36 % de logements sociaux. C’est l’arrondissement qui en a le plus.

Mais les rapports entre les différentes communautés semblent rester tendus... (Voir ici)
Il y a eu des incidents ces dernières années, je ne le nie pas. Mais la médiatisation outrancière ne nous a pas aidés. Globalement, tout le monde vit en bonne harmonie. Il y a, de temps à autres, des insultes entre juifs et maghrébins, mais pas de guerres de religion ! Souvent, ce sont des histoires de gaminerie, qui ne dépassent pas le niveau de l’insulte.

Le Centquatre rencontre des problèmes de fonctionnement... Quel est son avenir ?
Tout d’abord, c’est un lieu magnifique, mais très difficile à animer. Le recrutement d’un nouveau directeur en juillet 2010 va nous permettre de tourner une page. Sa mission a été revue. Avec d’avantage de salles, plus de commerces culturels. Le Centquatre doit s’ouvrir à un nouveau public, celui du quartier pas forcément consommateur de culture notamment. Un peu de patience !

Lors du dernier conseil d’arrondissement du 1er février 2010, l’opposition était absente…
Oui, je n’ai pas bien compris. Il y a eu un boycott. D’habitude, cela se passe bien. Il n’y avait pourtant pas, cette fois là, beaucoup de sujets conflictuels.

C’est votre troisième mandat. Pensez-vous vous présenter aux prochaines élections municipales de 2014 ?
Je ne sais pas encore. Cela fait déjà quinze ans, c’est lourd... Quand il y a le moindre problème, on interpelle le maire en direct : les gens ne connaissement souvent que leur maire.

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