
Image d’illustration (Flickr/cc/itsthephotogirl)
Prostitution, sécurité, et délinquance ont animé le débat entre habitants et élus, lors du conseil des quartiers Flandre-Aubervilliers et Pont de Flandre, qui s’est tenu mardi 7 février 2012 à l’école élémentaire du 105 bis rue de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris. La salle était comble, les questions ont fusé.
Pas une place de libre. Plus de 200 personnes se sont rassemblées, mardi 7 février 2012, dans le préau de l’école élémentaire du 105 bis rue de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris pour assister au Conseil du quartier Flandre - Aubervilliers et Pont de Flandre. Au menu, prostitution et sécurité. Pour l’occasion, le Maire Roger Madec est présent, en compagnie de Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et la sécurité et le commissaire fraichement nommé Jacques Rigon. Ils prennent tour à tour la parole puis la rendent au public.
Cannabis. Les doigts se bousculent dans les airs pour obtenir la parole. Le micro arrive à une femme qui se demande pourquoi le PS n’a pas soutenu la « proposition courageuse de Daniel Vaillant ». Le maire PS du 18e arrondissement voulait un débat national sur la légalisation du cannabis. Roger Madec a dit partager le point de vue de son homologue. « La loi actuelle encourage l’économie souterraine des voyous et des malfrats, mais l’addiction est grande. Le problème est compliqué. Il mérite d’être traité avec la tête froide, ce n’est pas un enjeu de la campagne électorale. »
Jeunesse. Très vite, la qualité de vie des habitants est un sujet qui s’impose. Un homme de la cité Curial fend l’assemblée pour se saisir du micro. « On a créé des activités pour occuper les jeunes et maintenant on leur ferme la porte. Pas assez de créneaux horaires et la salle de sport est fermée parce que le plafond s’effondre ». « La faute à la malchance et à l’incompétence des architectes », rétorque le maire, la salle devrait rouvrir.
Dans la tour O de la cité Edmond Michelet, une femme se plaint de l’occupation des halls par des jeunes hommes et des problèmes de drogues. « Cela dure depuis mai 2003 ! » Des graffitis sur les murs, des cages d’escaliers réappropriées. « Ils font la fêtes au 11e, 12e et 13e étage. Et un mercredi matin, il y avait deux couples qui faisaient tranquillement l’amour au 10e ! » Emotion et rires dans l’assistance.
Délinquance.« Le problème se déplace de tour en tour, reconnait le maire. Les jeunes qui habitent sur place font rentrer les autres et ainsi de suite. » L’équipe municipale fait valoir le travail résultant des contrats de sécurité et délinquance. L’arrondissement bénéficie d’un suivi spécifique qui part du décrochage scolaire pour désamorcer la délinquance. Un travail de prévention qui est aussi endossé par les associations comme le club prévention feu vert ou le centre d’animation curial. Reste un manque sur lequel l’assistance comme la tribune s’accordent, tous réclament une police de proximité.
Prostitution. Deuxième axe principal des discussions de la soirée. La prostitution le long du boulevard MacDonald. Récemment installé dans le quartier Claude Bernard, un habitant dépeint un tableau désagréable. « Les prostituées font leur passes directement sur le trottoir, dans des cabanes qui se trouvent parfois devant une école. Elles font aussi des feux de camp. »
« J’ai pu constater le même spectacle en pleine après-midi », abonde Roger Madec pour qui « les chantiers sur le boulevard et l’absence de commerces sont une des principales difficultés » à l’intervention des pouvoirs publics. Sensibilisé à la question, le commissaire Jacques Rigon rapporte une vingtaine d’arrestations pour exhibition sexuelle et le démantèlement d’un réseau à l’automne dernier.
Sécurité des parkings. Dernier sujet au coeur des préoccupations des habitants du quartier, la sécurité des parkings. Celui des Orgues de Flandre est « un véritable gruyère » selon les mots du commissaire. Un audit est en cours pour une meilleure sécurisation. On pense notamment à un développement de la vidéo surveillance. Rue des Ardennes, les voitures sont régulièrement vandalisées ou volée se plaint une usagère. « Et les gens baissent les bras. » Idem à Cambrai. Un matin le premier sous-sol a pris feu, « un acte criminel d’après ce que m’ont dit les pompiers », s’indigne Joelle Fouquet, l’une des plus anciennes conseillère du quartier.
Il est 21h, le maire lève la séance. « La gardienne de l’école doit partir à neuf heures », justifie-t-il à l’assemblée. Nombre n’ont pas pu poser leurs questions. Une grappe se forme autour du commissaire, chacun expose son cas. Avec patience le fonctionnaire de police écoute et prend note. Il encourage chacun à passer le voir et surtout, à ne pas hésiter à déposer plainte.
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