
Le parc des Buttes-Chaumont s’étend sur 25 ha au cœur du 19e arrondissement.
Projet de rénovation hydraulique, voirie, horaires d’ouverture, avenir de la petite ceinture qui passe sous le parc : la réunion publique sur l’avenir du parc des Buttes-Chaumonts, qui s’est tenue, lundi 5 mars 2012, à l’école élémentaire Simon Bolivar, dans le 19e arrondissement de Paris, a suscité bien des interrogations.
Sous le buste de Marianne, Roger Madec, maire du 19e arrondissement de Paris, lance la réunion en rappelant son attachement aux Buttes-Chaumont. « Le parc a été créé entre 1864 et 1866 sur une carrière de gypses. Et comme toutes les belles femmes, il a pris quelques rides, » lance-t-il sous les rires du public. « Ce projet est un léger rafraîchissement, pas une transformation totale. »
« La rénovation des Buttes-Chaumont est une urgence, affirme Fabienne Giboudeaux. Les canalisations en fonte sont d’origine. Rien que la cascade consomme l’équivalent des besoins en eau d’une ville de 10 000 habitants. De plus, les fuites s’infiltrent dans le sous-sol, c’est une menace pour la stabilité du parc. » Pour lutter contre les effondrements, la Ville de Paris a déjà injecté, depuis 2009, du béton dans les anciennes carrières de gypses. « Mais, ce n’est pas la meilleure solution, » poursuit l’adjointe aux espaces verts.

- 17,5 millions d’euros sont prévus pour la rénovation de la voirie et du système hydraulique.
Économie d’eau
Le projet de rénovation prévoit un chantier gigantesque qui s’étalerait de janvier 2013 à la fin 2016. Effectués secteur par secteur, les travaux n’empêcheront pas l’ouverture du parc. Les canalisations vont être changées afin d’économiser un million de m3 par an. Le projet prévoit aussi la création d’un réseau d’arrosage automatique pour les pelouses.
La voirie va être modifiée. La largeur des allées sera réduite afin de laisser plus de place pour la végétation. Avec l’accord des Bâtiments historiques, les trottoirs vont être supprimés. Le bitume laissera place à un revêtement clair. Des parterres fleuris vont être plantés. La signalétique devrait être plus simple et plus pratique. Le coût de ses aménagements sera de 17,5 millions d’euros.
« Tout le monde aime ce parc »
Alain Pierre, responsable du groupe de travail inter quartiers, présente alors les doléances des usagers des Buttes-Chaumont. « Tout le monde aime ce parc, souligne-t-il. Les utilisateurs apprécient la topographie du lieu et l’accès aux pelouses. Mais, ils demandent un aménagement des horaires, l’installation de toilettes publiques et une rénovation du rocher. »
Dans le public, nombreux, les questions vont dans le même sens. « Comment lutter contre les incivilités ? Allez-vous rénover le belvédère ? » Mais beaucoup d’habitants s’interrogent aussi sur l’avenir de la portion de la petite ceinture qui traverse le parc. Cette voie ferrée est devenue une friche depuis vingt ans.
« Pour la petite ceinture, réseaux ferrés de France (RFF) ne fait aucun efforts », explique Roger Madec. RFF est propriétaire de ce cordon ferré et refuse tout aménagement prétextant une utilisation pour le Fret. « C’est une attente des Parisiens, explique François Dagnaud, premier adjoint. Mais RFF veut conserver ce patrimoine. Il ont proposé de le louer, mais à un prix exorbitant ! » Reste que l’accessibilité de la petite ceinture par les Buttes-Chaumont (un tunnel et une tranchée) serait délicate.

- La largeur des allées sera réduite afin de laisser plus de place pour la végétation.
Un rocher à 18 millions
« L’installation de nouvelles toilettes publiques est problématique, explique le maire du 19e arrondissement. Les Buttes-Chaumont sont inscrites aux Monuments historiques et nous ne pouvons pas construire de nouveaux aménagements. » « Il est possible de rouvrir les installations condamnées, poursuit François Dagnaud. Je pense même qu’il serait intéressant d’installer des douches pour les joggeurs. » Une partie du public s’insurge : « Comme ça, les SDF pourront se laver gratis ! », lance une habitante aux couettes blondes.
La réfection du rocher pose problème. « Cela coûterait 18 millions d’euros et nous n’avons pas les moyens, prévient Roger Madec. Mais, nous pouvons réfléchir à une forme de mécénat. » Un riverain s’indigne devant une telle proposition. « Il est évident que la ville de Paris rédigerait un cahier des charges strict comme ce fut le cas pour le château de Versailles, » rétorque l’élu.
« Je suis favorable à une extension des horaires d’ouverture le soir, conclut le maire du 19e arrondissement, avant de lever la réunion, vers vingt heure trente. Mais, cela impose un budget et des moyens humains et matériels, que ne nous sommes pas en mesure de débourser. »
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