
L’activité parlementaire 2011 de Jean-Christophe Cambadélis, selon les données compilées par Nosdéputés.fr. En bleu, les domaines pour lesquels il est classé parmi les 150 premiers députés ; en rouge, parmi les 150 derniers. (Infographie Dixneufinfo.com / Photo Assemblée Nationale)
A leur tour de faire leur rentrée. Ce lundi, les députés retrouvent les bancs de l’Assemblée Nationale. L’occasion de faire le point sur l’activité parlementaire de Jean-Christophe Cambadélis, député de la 20e circonscription de Paris, qui couvre une partie du 19e arrondissement. Bilan en demi-teinte : quasi absent à l’oral, prolifique à l’écrit.
Pas tout à fait le bonnet d’âne pour Jean-Christophe Cambadélis, mais pas les lauriers non plus, si l’on en croit les données publiques de l’Assemblée Nationale compilées par Nosdéputés.fr. Selon le site, le député de la 20e circonscription affiche seulement 21 « semaines d’activité » au compteur dans ses fonctions au Palais Bourbon.
Sollicité, Jean-Christophe Cambadélis n’a pas souhaité s’exprimer directement sur Dixneufinfo.com. Critique, explique son bureau à l’Assemblée Nationale, vis-à-vis d’une démarche qu’il juge « maladroite ».
Silencieux à l’oral...
Le bilan sur les douze derniers mois met en exergue le silence du député : trois interventions au sein de la commission des Affaires Etrangères, aucune de plus de vingt mots dans l’hémicycle. Un silence qui s’explique, selon ses collaborateurs.
Contrairement aux commissions des Finances et des Lois qui traitent d’une grande variété de sujets, celle des Affaires étrangères - à laquelle appartient Jean-Christophe Cambadélis - serait moins exposée, les questions dont elle traite peu abordées dans l’hémicycle. « C’est comme si on reprochait à Laurent Blanc de marquer moins de buts que Thierry Henry », résume-t-on dans son équipe à l’Assemblée Nationale.
Alors Dixneufinfo.com a sorti sa calculette pour savoir si vraiment, les députés de la commission des Affaires étrangères étaient moins bavards que les autres. Et c’est vrai. 29,7 interventions en commission en moyenne et 21,2 (longues) dans l’hémicycle pour ses simples membres, contre respectivement 44,5 et 74,6 pour leurs collègues de la commission des Lois et 43,3 et 80,6 pour ceux de la commission des Finances. Mais malgré ce résultat, la moyenne de Jean-Christophe Cambadélis fait toujours pâle figure.
Et le député n’affiche aucune intervention lors des questions au gouvernement, et cela pas seulement en 2011 : c’est le cas depuis le début de la législature, en 2007. Explication ? Les questions sont transmises à l’avance aux ministres concernés, qui ont donc le temps de préparer leur réponse. « C’est un jeu de dupes auquel il n’a pas envie de se prêter », affirme-t-on à son bureau à l’Assemblée, où l’on précise qu’il assiste tout de même aux séances.
...prolifique à l’écrit.
Jean-Christophe Cambadélis, plutôt silencieux à l’oral, s’avère bien plus prolifique à l’écrit, où il se place parmi le top 100 des députés les plus friands de questions écrites. « Pour lui, c’est une réponse tout à fait pertinente, immédiate, aux attentes de ses administrés, du tissu associatif, des organisations syndicales. »
Au total, 79 questions durant l’année 2011 selon les données publiées sur le site de l’Assemblée : un chiffre contesté par l’intéressé lui-même auprès du Parisien vendredi (il en revendiquait 120), mais que son équipe a finalement confirmé à Dixneufinfo.com. Des questions en masse donc, centrées notamment autour de l’éducation, du logement ou du handicap. Mais quel poids faut-il vraiment leur accorder ?
« Se référer aux questions écrites, je trouve cela assez triste », nous confie Benjamin Ooghe-Tabanou, du collectif Regards Citoyens, qui édite le site Nosdéputés.fr. « N’importe quel observateur de la vie parlementaire sait que ce sont les attachés parlementaires qui les écrivent, en relayant notamment les courriers et les mails qui arrivent aux députés. »
Ni invisible, ni hyperactif.
Il ne faut pas minorer ses questions, réplique-t-on dans l’équipe de Jean-Christophe Cambadélis. D’autant plus qu’il y prendrait une part importante, rédigeant « la ligne politique », et cela de deux façons, dixit son attachée parlementaire. La première, lorsqu’il est directement interpellé par ses concitoyens. La seconde, lorsqu’il repère des éléments d’actualité et qu’il sollicite ses collaborateurs.
A cela s’ajoute quatre propositions de loi, co-signées avec d’autres députés socialistes : une sur la gestion de l’espace public dans les villes (notamment la nuit), une autre sur la régulation de l’immobilier d’entreprise, la troisième sur les villes et quartiers en difficulté et la dernière sur le décrochage scolaire.
Ni fantôme, ni invisible, Jean-Christophe Cambadélis est bien à l’Assemblée Nationale, c’est le message que souhaite faire passer son équipe, plutôt agacée par les critiques. Mais celui qui est aussi secrétaire national à l’Europe et à l’international au Parti Socialiste n’est pas non plus hyperactif au Palais Bourbon si l’on en croit les statistiques.
Le bilan 2011 du député Jean-Christophe Cambadélis. (Nosdéputés.fr)
21 semaines d’activité
24 présences en commission
3 interventions en commission
0 intervention longue en hémicycle
18 amendements signés
0 rapport écrit
0 proposition de loi écrite
5 propositions de loi signées [1]
79 questions écrites
0 question orale
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