
Jean-Jacques Giannesini est élu UMP au conseil d’arrondissement du 19e et au conseil de Paris où il intervient sur les questions de l’emploi. Habitant de l’arrondissement depuis sa prime jeunesse, il l’a vu changer en profondeur. Très attaché au Général de Gaulle, il livre pour dixneufinfo.com sa vision des quartiers, de la politique municipale et de son action militante. Le discours est direct. Il tacle volontiers à gauche, comme à droite. Rencontre.
Dixneufinfo.com - Quel a été votre parcours politique ?
Jean-Jacques Giannesini - Je suis élu depuis 1983. J’ai été le plus jeune conseiller d’arrondissement. En 1987, je suis devenu adjoint au maire chargé de la Jeunesse et des sports. Depuis 2001, je suis élu d’opposition et devenu conseiller de Paris en mars 2008. Je suis en charge des questions d’emploi. Mais j’ai toujours travaillé à côté. Je suis actuellement Secrétaire général national des missions locales ; je m’occupe donc de l’emploi des jeunes. La politique, c’est surtout le soir et le week-end.
Vous avez toujours été élu dans le 19e ?
Oui ! Je suis arrivé dans l’arrondissement, j’avais trois semaines ! J’ai habité vingt-sept ans Porte des Lilas, dans une cité de transit, puis rue Mathis et maintenant Porte Chaumont. Je n’ai pas de mauvais souvenirs dans cette cité. Le plus difficile fut la perte de mon père : j’avais quinze ans.

- Je ne supporte pas les gens qui touchent de l’argent sans faire leur boulot."
Quel regard portez-vous sur l’évolution du 19e arrondissement ?
Le 19e était plus représentatif de toutes les populations qu’il ne l’est maintenant. Les classes moyennes étaient mieux représentées. Un équilibre existait. Aujourd’hui, il y a trop de logements sociaux et pas assez de logements intermédiaires. Les classes moyennes s’en vont. Il y a aussi plus de gens riches. Je regrette ce manque de mélange. Quand je vois que le maire du 19e, Roger Madec, continue à construire du logement social (on est à plus de 35 % sur l’arrondissement), c’est stupide ! Je ne suis pas hostile aux logements sociaux, j’en viens ! Mais le maire de Paris doit imposer le logement social aux arrondissements plus riches.
Que pensez-vous des nouveaux quartiers en construction, tel que la ZAC Claude Bernard ?
Je pense qu’il n’y aura pas de vraie mixité sociale. De plus, construire en bordure de périphérique du logement social, on a vu ce que cela pouvait donner. Mais ce sera peut-être un beau quartier, une vraie réussite. Moi, j’attends de voir. Sur le papier, pourquoi pas ? La gare Éole pourra améliorer le quartier, la rue d’Aubervilliers ou la cité Curial. Cependant, quand vous avez 17 tours de 23 étages, c’est difficile.
Comment jugez-vous les problèmes d’insécurité dans le 19e ?
Dans les quartiers tels que les tours Michelet, vous avez 95% de gens biens qui essaient de s’en sortir et 5% qui « foutent le bordel ». En matière de sécurité, je n’admets pas que le préfet ne mette pas des forces de police en plus grand nombre. Mais la mairie dit au Préfet qu’« il n’y a pas plus d’insécurité qu’ailleurs », alors celui-ci met les policiers dans d’autres arrondissements.
Que pensez-vous de la vidéo surveillance ?
La vidéo surveillance ne va pas tout régler, mais elle permet d’élucider certaines affaires. Il faut mettre des caméras à l’intérieur des quartiers. Grace à un maillage de la vidéo surveillance, les forces de police et de la prévention, on pourra améliorer les choses. Je crois à la prévention. Quant à moi, je vais rencontrer les gens dans ces quartiers. Je sonne aux portes. Pendant les dernières législatives, j’ai fait les 17 tours de Curial, escalier par escalier, étage par étage.

- Le Général de Gaulle continue d’inspirer l’action politique de Jean-Jacques Giannesini
Vous avez un discours plutôt social, pourquoi êtes-vous de droite ?
Je suis très gaulliste. Ma première campagne, je l’ai faite à treize ans, en 1969 en faveur du Général de Gaulle. Toutes les lois sociales d’après-guerre, c’est lui qui les a faites, pas la gauche. C’était quelqu’un de digne, tant en politique que dans la vie de tous les jours. Je suis gaulliste social et naturellement de droite. Ce que je reproche à Bertrand Delanoë, Maire de Paris, c’est qu’il est de gauche et qu’il habite dans un beau duplex dans le 6e arrondissement.
Pensez-vous que la droite pourra un jour reprendre le 19e ?
L’arrondissement est capable de basculer vers l’UMP, un jour ou l’autre, à condition qu’il y ait un vrai candidat à Paris, pas comme Françoise de Pannafieu qui est adorable, mais bon… ou Tibéri. Une partie de l’électorat de droite a été déçue et ne va plus voter. Moi je me bats pour l’arrivée de François Fillon, sinon c’est la gauche pour vingt ans !
Comment jugez-vous l’action de Roger Madec ?
J’ai du respect pour lui. Au début, il était vraiment guidé par l’intérêt général du 19e. Mais depuis deux mandatures, il ne s’intéresse plus à l’arrondissement. Quand on a marre, on s’en va ! Le conseil d’arrondissement est une fumisterie. Il ne laisse même pas parler les gens de son camp. Je n’ai jamais vu ça !
Avez-vous des ambitions nationales ?
Non ! Je n’ai même pas voulu me présenter en position éligible aux régionales. Je vais être candidat aux législatives, car c’est le jeu et que j’aimerais battre Jean-Christophe Cambadelis, l’actuel député. Ce type se fout de la gueule de monde ! Élu depuis 1988, il vient trois mois avant les élections et on ne le revoit plus. Il n’est pas non plus à l’Assemblée nationale : il a le taux d’absentéisme le plus important. Il ne connaît pas le 19e !
Comptez-vous beaucoup de militants UMP dans le 19e ?
Autour de mille. Ce n’est pas mal. Je fais beaucoup de terrain, je vais coller les affiches avec les militants, je tracte à 6 heures du matin. On ne peut pas demander aux militants de le faire si on ne le fait pas soi même. A l’UMP, c’est aussi pour ça que ça ne marche pas à Paris, certains n’ont plus l’habitude. Dès qu’ils sont élus, ils s’imaginent être très importants. Moi je montre l’exemple, j’ai une bonne circonscription.
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