
Trois jeunes hommes du 19e arrondissement de Paris comparaissent depuis le mardi 14 juin 2011, devant la cour d’assises de Paris pour des actes d’une hyper violence commis dans le Nord-Est parisien fin 2008 l’encontre de huit hommes. Séquestration, extorsion avec arme, vol et escroquerie en bande organisée sont les principaux chefs d’inculpation. Les journalistes de Dixneufinfo.com sont présents tout au long du procès. Verdict mardi 21 juin 2011.
Ils n’ont pas 25 ans. Et comparaissent depuis le mardi 14 juin 2011, devant la cour d’assises de Paris pour séquestration, extorsion avec arme, vol et escroquerie en bande organisée. Macire Sy, Seydou Tandjigora et Salah Khorchid ont agressé, volé, frappé, parfois humilié, menacé de viol, huit hommes âgés de 22 ans à 67 ans, sur une période de cinq mois entre septembre 2008 et janvier 2009. Les marques de ces nuits de violence sont encore très prégnantes pour certains d’entre eux. Le traumatisme est là.
Les agressions se sont déroulées dans le Nord-Est parisien, dont quatre dans le 19e arrondissement. Les victimes étaient toutes des hommes seuls. « On n’attaquait pas les femmes, car elles sont plus fragiles que les hommes. » s’est justifié Seydou Tandjigora, pendant l’audience.
« On va creuser ta tombe »
Au chômage, serrurier ou commis de cuisine, ces jeunes du 19e arrondissement, interpellés en février 2009, ont reconnu les faits. Sur le banc des accusés, Macire Sy, tête basse, avoue et s’excuse : « J’ai honte, je ne sais plus quoi dire. J’ai pris conscience de la gravité, j’ai des regrets énormes. » Seydou Tandjigora ne comprend toujours pas comment « il est passé du vol à des agressions d’une telle violence. » Salah Khorchid, plus détendu, regrette aussi et « espère apporter des réponses aux questions. »
Les huit victimes doivent, en effet, espérer trouver des réponses aux questionnements des accusés. L’avocat général, Maitre Philippe Bilger, pose ainsi la question : « Obtenir le code de carte bleue de la victime impose donc que celle-ci soit traitée de manière infiniment violente ? » Apparemment oui.

- Maël Nonet sortait du cinéma MK2 quand il a été agressé.
Maël Nonet, attaqué dans la nuit du 29 au 30 septembre 2008, a donné rapidement le code de sa carte bancaire, mais les coups n’ont pas cessé pour autant. Ce jeune homme sortait du cinéma MK2, Quai de La loire, quand il a été attrapé par deux individus, conduit dans le hall d’un immeuble où un troisième attendait. Et là, on imagine l’enfer : menacé d’une d’arme, Maël Monet reçoit des coups de crosse sur le crâne, nombreux coups de pieds et de poings. Brûlure de cigarettes, doigt tordu, ou encre menaces de sodomie, complètent la description.
« On va creuser ta tombe », lui prédit un des accusés. Les trois voisins de la cité Curial, abandonnent alors Maël pour s’occuper de Christophe Bensimon, frappé puis enfermé dans une pièce. Comprenant qu’il est seul, Maël fuit dans les étages chercher de l’aide. Au sixième, un voisin lui ouvre. Ils préviennent la police.
Arme et coups
Jean-Pierre Dossard (*) a lui été agressé, quai de Seine, dans la nuit du 23 au 24 septembre 2008. Le mode opératoire est similaire. Menacé d’une arme et recevant des coups, la victime doit délivrer le fameux code à quatre chiffres, sésame indispensable pour retirer de l’argent. Les coups pleuvent toujours. Les billets en poche Macire Sy, Seydou Tandjigora et Salah Khorchid prennent finalement la fuite.
À partir du mois de novembre 2009, les trois compères agressent des hommes seuls, toujours, mais à leur domicile cette fois. Bernard Porcher, est réveillé le 21 novembre 2008, vers trois heures du matin, dans le 11e arrondissement, par des coups dans sa porte d’entrée. Il ouvre sa porte et trois individus se précipitent sur lui. Ils lui réclament le code de sa carte de retrait. Les coups tombent. Bernard Porcher donne un faux code. Les coups de pied redoublent. Il finira par donner le bon. 1700€ sont retirés sur sa carte. Une connaissance commune avait indiqué au trio infernal que Bernard « possédait des objets de valeur. »
Prison à vie
Puis le cycle de la violence continue. Quatre hommes, encore, vont croiser le chemin de ce gang. Ils sont attaqués, menacés de viol, ligotés, frappés pour un code, un téléviseur ou un ordinateur portable… revendus aussitôt à Barbès, dans le 18e.
Cette course folle s’arrête le 10 février 2009, pour Macire Sy, Seydou Tandjigora ; quinze jours plus tard pour Salah Khorchid. La personnalité des accusés sera détaillée vendredi 17 juin 2011. Le verdict sera rendu mardi 21 juin. Si les parties civiles obtiennent la requalification en actes de torture et de barbarie, les trois risquent la réclusion criminelle à perpétuité.
(*) Patronyme modifié à la demande du plaignant.
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