
Près du lieu du drame, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, commente les circonstances de l’accident qui a fait deux morts, dimanche 22 juillet 2012. A droite, le commissaire du 19e, Jacques Rigon.
Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, s’est rendu, lundi 23 juillet 2012, sur les lieux de l’accident de la circulation de l’avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, qui, la veille, a coûté la vie à deux piétonnes, une mère et sa fille de 11 ans. Aux côtés du maire du 19e, Roger Madec, il a dénoncé le drame.
Article mis à jour mardi 24 juillet 2012
« Nous ne relâcherons pas la pression sur les chauffards qui violent le code de la route », a déclaré Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, à l’issue d’une visite sur les lieux du drame qui a coûté la vie à une mère et sa fille, dimanche 22 juillet 2012, avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris. « Nous allons multiplier les contrôles routiers dans Paris, a poursuivi le ministre. J’en appelle aussi à la responsabilité des citoyens. On ne conduit pas sans permis et on respecte les passages piétons protégés. » Pour Roger Madec, maire du 19e arrondissement, « il s’agit d’un acte criminel, résultat d’une vitesse excessive, doublé d’un délit de fuite et d’une interpellation houleuse. »
Ce dimanche 22 juillet, vers 19h, une femme de 35 ans et sa petite fille de 11 ans, domiciliés à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, s’engagent sur le passage protégé situé à la hauteur du 28, avenue de Flandre. Quand soudain, surgit sur leur droite une puissante BMW qui circule à grande vitesse en direction de la porte de La Villette. Le choc est inévitable. Les deux piétonnes, qui avaient attendu le signal vert libérant le passage, sont projetées à plus de 35 mètres du lieu d’impact. La mère de famille décède sur place. La petite fille meurt plus tard, à l’hôpital Necker, où elle avait été rapidement transportée. Le père de famille et l’oncle de la fillette, qui ont assisté à l’accident, sont hospitalisés en état de choc.

- Le passage protégé où s’est noué le drame, devant le 28 avenue de Flandre.
Les cinq occupants du véhicule qui venait de griller un feu rouge en amont du passage protégé prennent la fuite. Leur interpellation quelques minutes plus tard par la police non loin du boulevard périphérique est houleuse. Et pour cause : le conducteur n’a plus de permis de conduire depuis juin 2012, en raison d’un excès de vitesse. La BMW qu’il pilotait dimanche ne lui appartenait pas : le jeune homme de 23 ans, domicilié à Valenton, dans le Val-de-Marne, l’avait emprunté à un cousin, gérant d’une agence de location de voitures.
« Ce n’était pas la première fois, souligne un policier. L’homme avait déjà été interpellé pour des faits similaires. Mais il n’avait tué personne. » Et une source judiciaire de préciser : Le chauffard présumé avait déjà été condamné en 2011 à quatre mois de prison ferme pour « conduite sous l’emprise de stupéfiants » et « refus d’obtempérer aggravé »
Les analyses ont finalement révélé la présence de cannabis dans le sang du conducteur, ainsi qu’un taux d’alcoolémie au moment de l’accident : 0,8g d’alcool par litre de sang. Le maximum autorisé est de 0,5g. Aucune trace de freinage n’a été relevé sur place. Le véhicule est fortement endommagé, son pare brise étoilé. La garde à vue du conducteur et de ses quatre passagers a été prolongée lundi soir de 24h.
Dans un communiqué, Bertrand Delanoë, maire de Paris, a fait part de sa vive émotion : « Je condamne vivement l’acte irresponsable du conducteur aux conséquences dramatiques. Le violence routière reste un fléau et nous continuerons à tout mettre en œuvre pour la combattre. » « Je tiens à assurer la famille et les proches des victimes de tout mon soutien dans cette épreuve », a poursuivi l’édile.
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