
Macire Sy et Salah Khorchid ont été condamnés à 14 ans de prison ferme. Le troisième accusé Seydou Tandjigora, a lui écopé de 13 ans. Les trois jeunes hommes comparaissaient à la cour d’assises de Paris depuis le 14 juin, pour séquestration, vol avec arme, extorsion et escroquerie en bande organisée. Les faits se sont produits entre septembre 2008 et janvier 2009, dans les 11e et 19e arrondissements de Paris.
Il a fallu plus de six heures aux neuf jurés pour délibérer. Après une semaine d’audience, le verdict est tombé ce mardi 21 juin 2011, vers 23h30. Quatorze ans pour Macire Sy et Salah Khorchid. Treize pour Seydou Tandjigora. Une peine sévère. Le jury a choisi de retenir la qualification de torture et actes de barbaries à l’encontre des trois prévenus. Il s’agissait de l’enjeu principal de ce procès qui a débuté mardi 14 juin 2011 aux assises de Paris.
Pour 4 380 euros, les trois jeunes hommes, âgés d’à peine plus de 20 ans au moment des faits, ont agressé huit personnes. Toujours des hommes seuls. Une somme à « mettre en balance », a expliqué l’avocat général, Philippe Bilger, avec la violence physique et psychologique parfois inouïe qu’ils ont fait subir à leurs victimes. Particulièrement à Maël Nonet. Visiblement, les jurés l’ont entendu. Ils ont infligé des peines correspondant à celle qu’il avait requis.
« Une peine proportionnée »
« Il s’agit d’une peine proportionnée et conforme à la dangerosité que représentaient les accusés pour notre société », commente Maître Valent, l’avocat de Maël Nonet, principale victime de l’affaire. « Une peine juste » au vu de la gravité des faits, a estimé pour sa part l’avocat général, lors de son réquisitoire.
« C’est sans haine et avec dignité que cette décision était attendue par les victimes, au premier rang desquelles Maël, bien sûr », a conclu son avocat. À l’issue de l’audience, Salah Khorchid s’était tourné vers ses victimes : « J’espère que vous allez pouvoir avancer apaisés et que vous ne pensez pas qu’il n’y a eu que des excuses dans ce procès. »
Un goût d’inachevé
Malgré une attitude judiciaire exemplaire des accusés, rappelée par toute les parties, le procès laisse un goût d’inachevé. La veille, une avocate de la partie civile faisait part de sa déception : « Ce procès est décevant parce que nous n’avons pas les réponses à ces questions ». Les raisons qui ont fait basculer ces délinquants dans une violence extrême, dans la criminalité, sont restées pour la cour un mystère. « Quand une brèche de violence est ouverte, questionne l’avocat général, est-ce qu’on ne peut pas accepter l’idée terrible d’une mécanique de la terreur qui continue de fonctionner une fois le but criminel atteint ? »
Les avocats de la défense ont beaucoup parlé des histoires difficiles des accusés. Enfance fracassée. Inversion des valeurs dans les quartiers. Des crimes produits par la souffrance et la misère. Mais aucun n’est revenu sur les raisons du basculement dans l’ultra violence. Au fond personne ne les comprend. Pas même les accusés. C’est en tout cas l’hypothèse formulée par l’avocat général. « Il est difficile d’aller aux tréfonds de soi pour trouver une vérité qu’ils ne connaissent même pas. »
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