3

Seize conteneurs de collecte de vêtements usagés ont été mis en place ces dernières années dans le 19e arrondissement de Paris. A l’origine de cette opération, la signature d’une convention entre la mairie de Paris et Le Relais (voir encadré). Ce dernier a installé deux cents points de collecte dans la capitale, mais depuis cet hiver, certains d’entre eux ont été enlevés.
François Dagnaud, premier adjoint au maire de l’arrondissement, explique que « celui de la rue Lally-Tollendal a été momentanément retiré. Par contre, ceux qui étaient situés rue de Meaux et rue Fessart ne seront pas remplacés, suite à des plaintes de riverains ». Laurent Aujay, responsable du Relais-75, précise que « les conteneurs supprimés seront placés ailleurs dans Paris, conformément à l’accord passé avec la municipalité ».
À l’origine de la disparition de ces points de collecte, d’abord, les travaux (notamment ceux du tramway). Ensuite, l’incivisme de certaines personnes qui transforment ces conteneurs en véritables décharges sauvages. Des détritus sans rapport avec l’objet de la collecte ont ainsi été amassés sur la voie publique. Enfin, le pillage : certains se servent dans les conteneurs, parfois avec l’aide d’enfants. Au risque d’y rester coincés.

- Seuls les vêtements, chaussures, maroquineries, jouets, ceintures et chapeaux sont collectés par le Relais.
Seuls les vêtements, chaussures, maroquineries, jouets, ceintures et chapeaux sont collectés par le Relais. Ceux-ci sont ensuite triés – en fonction de la matière et de la qualité – puis réemployés. « 80 à 85 % des dons sont revalorisés. 15 à 20 % sont irrécupérables : moisis ou dans un état trop catastrophique. Souvent, les oreillers et couettes sans plumes sont trop usagés », raconte Lalaïna Randriam, une responsable du Relais.
Les conteneurs ne sont pas étanches. Lorsque les dons ne sont pas correctement emballés, ils prennent l’eau et moisissent. A terme, ils seront remplacés par « l’acCube ». Ce nouveau type de réceptacle, gris et bosselé, évoque un pavé parisien. Lalaïna Randriam précise que « dans le 19e, on peut déjà en voir un au numéro 48, boulevard Serrurier. Fin 2010, les actuels conteneurs auront tous été remplacés par les nouveaux. »
Certains articles collectés sont revendus dans les boutiques « Ding fring » (Paris en compte deux). D’autres sont recyclés sous forme d’isolants ou de chiffons d’entretien. Le travail est effectué par les salariés du Relais. Des personnes – chômeurs de longue durée, personnes en difficulté économique et sociale... – qui sortent ainsi de la précarité par le biais d’un emploi stable.
Le Relais, contre le tout jetableLe Relais est un groupement d’entreprises à but socio-économique. Il a été créé en 1984, par le Père Léon, compagnon de l’Abbé Pierre. Son credo est de « mettre l’économie au service de l’Homme et de lutter contre l’exclusion par la création d’emplois durables ». Raison pour laquelle François Dagnaud est fier de voir le 19e arrondissement rester l’un des arrondissements hébergeant le plus de points de collectes. Pour lui, les quatorze conteneurs restants sont aussi un moyen de « sortir de la civilisation du tout jetable ».
Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 19eme arrondissement en un clin d'œil


