jeudi 23 mai 2013|
 

Démolition de la tour Maroc : comment ça marche ?

« Le terme "démolir" ne s’utilise plus. Aujourd’hui on déconstruit » explique Thierry Silvert, directeur du cabinet responsable de la maîtrise d’œuvre sur le chantier Maroc. Oubliés, donc, la dynamite ou la boule, ou encore les bâtiments qui s’effondrent sur eux-mêmes, comme on a pu le voir dans quelques émissions télévisées. Un bâtiment se déconstruit avec une grosse pelle qui le gratte petit à petit et le réduit en gravats.

Mais procédons dans l’ordre. La Tour Maroc, qui compte 15 étages et 90 logements, a été construite en 1955. Elle appartient à Paris Habitat, qui décide en 2007 de la démolir : « D’un point de vue thermique et acoustique, c’était une catastrophe », constate Marie Picouret, chef de projet pour Paris Habitat.

Depuis, cet organisme public a érigé un immeuble de 44 logements, rue Riquet, pour reloger en partie les habitants de la rue du Maroc. Ces travaux font partie d’une étude globale d’aménagement de la rue Riquet, de la rue du Maroc et du jardin public qui se trouve entre les deux.

Marie Picouret explique que parfois, il est plus simple et moins coûteux de déconstruire un bâtiment peu fonctionnel et d’en construire un autre, que de procéder à une rénovation. C’est une tendance récente, comme le précise Thierry Silvert : « Il y a dix ans, c’était un crime de démolir un bâtiment. Aujourd’hui, ce n’est plus tabou. »

Pour la chargée d’opération de Paris Habitat, architecte de sont état, « quand on construit un bâtiment, on pense rarement à sa démolition ». Il n’y a effectivement aucune formation qui apprend à déconstruire dans les écoles d’ingénieurs ou d’architecture : « Cela s’apprend sur le terrain ». C’est pour cette expertise que le cabinet de Thierry Silvert a été choisi : il est spécialisé dans la démolition de tours ou d’immeubles de grande taille.

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95% des déchets produits sur le chantier seront récyclés

La première phase des travaux - demande des autorisations, réalisation des études techniques, raccordement à l’électricité - a pris cinq semaines. Elle fut suivie par le curage et le désamiantage de l’immeuble. Le peu d’amiante présent a été enlevé et transporté dans des zones d’enfouissement, selon des procédures standard : « la réglementation est très stricte et il n’y aucun risque de fuite », indique Loïc Nedelec, de l’entreprise de démolition Melchiorre. Lors du curage, on enlève du site tout ce qui n’est pas valorisable, comme le PVC des sols, la moquette ou encore les goulottes électriques.

Aujourd’hui, contrairement au passé, on a tendance à utiliser des matériaux propres, qui nécessitent moins d’entretien et minimisent les coûts. Ce sont des matériaux inertes, facilement transformables. 95 % des déchets produits par le chantier Maroc seront recyclés, le reste, 5 %, sera destiné à la décharge ou l’enfouissement. « 90 % d’un bâtiment, c’est de la maçonnerie, du béton. Concassé dans des gros broyeurs, le béton est réduit en petits blocs qui sont réutilisés pour le fonds routiers ou autres travaux », explique Thierry Silvert.

Sur le chantier Maroc, Paris Habitat a mis en place un système de surveillance qui va estimer combien d’énergie sera nécessaire pour démolir la tour et reconstruire le bâtiment qui va la remplacer. Un bilan carbone de l’opération qui permettra d’isoler les postes très consommateurs en fioul, comme, par exemple, les pelles mécaniques, qui consomment jusqu’à 500 litres par jours.

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La pelle à grand bras réduit le bâtiment en gravâts

Revenons à la troisième phase : à ce moment, on réfléchit au matériel de chantier adapté à la grande hauteur. «  Mi mai 2010, nous ferons intervenir une pelle avec un grand bras et une cisaille en béton au bout, qui va "gratter" l’immeuble et le réduire en gravats », précise Loïc Nedelec. Pour cela, il a d’abord été nécessaire de « baisser » l’immeuble car la distance entre le bâtiment et la rue n’était pas suffisante en termes de sécurité. « En ce moment, il y a donc deux mini pelles sur le toit, qui démolissent les étages, jusqu’au neuvième. Ensuite, interviendra la grande pelle ; il lui faudra deux semaines pour déconstruire la tour. »

La chute des gravats est amortie au fur et à mesure par la présence des autres gravats sur le sol. Et, tout autour du bâtiment, on a construit une passerelle qui « évite les chutes de hauteur ». Autre difficulté pour le chantier : la conservation des monuments historiques. Lors d’obtention du permis, la Commission du Vieux Paris a validé la demande de démolition de la tour : « Il peut arriver que dans un immeuble à démolir, on soit obligés de garder les caves ou juste un bout d’escalier, car ils appartiennent au patrimoine de la Ville. Ce n’est pas le cas de cette tour, elle trop récente », précise Marie Picouret.

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Une mini pelle pèse 2 tonnes et demi

Lors de la dernière phase, il ne restera plus qu’à enlever les fondations avec une pelle godet et à « reboucher le trou », explique Marie Picouret, « ensuite, on construira un nouvel immeuble au niveau de la rue, aligné avec les autres. Et là où il y aujourd’hui la tour, il y aura un grand jardin ».

Quelques chiffres

Six ouvriers travaillent sur le chantier, tous sur le toit. Deux sont chauffeurs des pelles, trois sont assistants et un homme s’occupe du trafic sur le site, pour gérer les entrées et sorties.
Les deux mini pelles pèsent 2 tonnes et demi, chacune. Huit mois en tout seront nécessaires pour la « déconstruction » de la tour, pour un coût de 900 000 euros.

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6 commentaires
  • Le 19ème Côté cour et côté jardin 11 février 2011 19:28, par Gaêtan

    Les trottoirs de la rue LAUZUN (côté Franprix) sont dans un état déplorable:Chaussées éffondrées, nids de poules dangeureux pour les personnes âgées. "Pourquoi certains secteurs du 19èeme sont délaissés et mal entretenus par la municipalité ?" îlots pauvres contre îlots riches. On risque de tomber dans une gétthoisation de la population du parc du logement social et des poches sociales défavorisées. Une surdensité urbaine hyper concentrée à certains endroits. Le 19ème est de plus en plus cloisonné. La politique d’aménagement du territoir du19ème est mal réparti. (voir inagalitaire).Les secteurs bourgeois sont mieux traités que certains secteurs à forte densité populaire.

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  • Démolition de la tour Maroc : comment ça marche ? 23 février 2011 19:27, par Ferdinand

    Parc des Buttes Chaumont

    Ce merveilleux parc de 26 hectares, joyau vert du 19è arr. mériterait un meilleur traitement et ligne budgétaire de la Mairie du 19ème.
    Merci à Napoléon III (1850) "écologiste et visionnaire" avant l’heure... de nous l’avoir offert, en son temps.
    Certes des injections de béton coûteuses ont été réalisées pour consolider le sous-sol des anciennes carrières.
    La rénovation des restaurants et du pont suspendu était nécessaire... Mais pour le reste ?

    Les plantations nouvelles sont rares et pauvres. Les pelouses publiques sont labourées et jonchées de restes de pique-niques sauvages et de déjections canines (pitbull et rockweiller en liberté).
    Les gardes du parc sont peu visibles et restent trop souvent cantonnés dans leur guérite.
    Où est passé le kiosque à musique ? Disparu !

    A quand l’éclairage des rochers et du temple pour valoriser en nocturne ce parc exceptionnel ? Exemple le Parc Monsouris (16 hectares) dans le 14è est parfaitement entretenu.Splendide le Jardin Albert Kahn à Boulogne (92). Je propose que l’on crée chaque année le prix du plus beau jardin et parc de Paris, récompensant le travail des jardiniers et l’action budgétaire des mairies d’arrondissement.

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  • Démolition de la tour Maroc : comment ça marche ? 24 février 2011 18:17, par michel

    la aussi il faut se manifester aupres de la mairie . Et si vous voyez des chiens sans laisse , il faut aller trouver les gardiens et leur signaler ., s il font mal leur travail , le signaler a la mairie de Paris ..........car vos propositions sont tres interessantes et je les soutiens .michel

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  • OUF, UNE TOUR EN MOINS !

    Une bonne decision, pour une architecture à échelle humaine 6 etages voir 8 maxi.

    Humanisons la ville et que les citoyens aient leurs mots a dirent sur les projets en amont,expo des maquettes,referendum citoyen, Democratisons l’acte de construire, entre projets sociaux et privés, reclamons un droit de regard citoyen dans tous les domaines de la vie locale, les conseils de quartiers devraient avoir plus de pouvoir,dommage que le Sénat a l’époque ait reduit ses pouvoirs a un rôle modeste.

    Les permis de construire devraient etre confiés a un oranisme neutre et independant. Soyons vigilent sur le PLU et COS a Paris qui est de 3 pour le logement et 1 pour les bureaux. La politique des tours de 200m de haut a Paris par ex : zac des Batignoles est une erreur !

    Pourquoi recommencer les erreurs des annees 60 ex Place des Fêtes ? sans oublier le trop plein d immeubles de bureaux.

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  • Démolition de la tour Maroc : comment ça marche ? 13 août 2011 16:51, par charles-henry

    excellente analyse eloise..les tours sont inhumaines et ne refletent pas notre culture architecturale.paris ne sera jamis new york.

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  • Démolition de la tour Maroc : comment ça marche ? 11 février 2012 18:17, par Jörgen Norvikksen

    Félicitations, dans le17 ème arrondissement voyez vous, une Tour à été sauvegardée de la destruction’ tour du bois le prête" et vient de recevoir le grand prix " de l équerre d’argent ", mais ce genre d’opérations de rénovation urbaine, sont rares et coûteuses.. !

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