
Mardi 3 juillet 2012, trois nouveaux immeubles de la ZAC Claude Bernard ont été inaugurés en grande pompe par le maire du 19e arrondissement de Paris, Roger Madec. En accueillant ces immeubles de bureaux, le quartier situé aux confins du 19e arrondissement, communément appelé "la zone", continue sa mutation en un endroit moderne et accueillant. Visite des lieux.
Il aura fallu braver les gravats, endurer les embouteillages boulevards des Maréchaux, soutenir la chaleur du bus pour, enfin, fouler le tapis rouge déroulé, mardi 3 juillet 2012, devant le 140-142 boulevard MacDonald, dans le 19e arrondissement de Paris. Au milieu du chantier du grand projet de renouvellement urbain Paris Nord-Est, l’inauguration des trois immeubles de bureaux de la ZAC Claude Bernard se fait en grande pompe.

- Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris en charge de l’urbanisme, entourée de Roger Madec, maire du 19e arrondissement (à gauche) et de Philippe Zivkovic, président de BNP Paribas Real Estate.
Dans les allées du jardin, tracées à grand coup de règle, Roger Madec, le maire du 19e arrondissement, discute avec Philippe Zivkovic, le président de BNP Paribas Real Estate, groupe investisseur du projet et locataire des lieux. Un peu plus loin, le commissaire Jacques Rigon. Et tout un petit monde en costume et talons. Tous attendent Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, chargée de l’urbanisme et de l’architecture, et candidate à la succession de Bertrand Delanoë, qui arrive avec près d’une demi-heure de retard.
« La ZAC Claude Bernard est un projet d’urbanisme intelligent et concerté. » À la tribune, le maire du 19e fait preuve d’enthousiasme à l’égard de ce projet destiné à transformer ce quartier désagréable - une “zone” - en un îlôt de modernité architecturale, de mixité sociale, de diversité d’activités et de brassage intergénérationel.
L’inauguration de ces 41 000m2 de bureaux succède à celle de trois immeubles d’habitation et d’un EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendantes). Suivront l’ouverture d’une crèche, d’une école, de commerces de proximité et d’un cinéma. Le tout parachevé par l’arrivée du tramway.

- Auditorium de 190 places. L’ensemble est aussi équipé d’un restaurant d’entreprise, de deux cafétérias, d’une médiathèque, d’une salle de fitness et d’un cabinet médical.
« Les travaux du T3 seront terminés d’ici quelques semaines, a déclaré Roger Madec, les premiers essais de rames roulant à vide auront lieu en septembre et il sera accessible au public au mois de décembre. » Le maire s’est voulu aussi rassurant sur ce qu’il a nommé « le petit problème le long du périphérique », en allusion au camp de Roms enclavé au bout de la rue Émile Bollaert et dont « l’évacuation devrait intervenir prochainement ». Pas un mot en revanche sur la prostitution qui sévit dans le quartier au grand dam du voisinage.
Les discours se sont concentrés sur le succès de ce projet sérieusement mis en péril par la crise financière. Le chantier, débuté en 2005, a failli ne jamais aboutir. En 2008, « l’investisseur nous a claqué dans les mains », rappelle Roger Madec dont « la vision et la détermination » sont saluées par Anne Hidalgo. La première adjointe au maire de Paris félicite aussi BNP Paribas Real Estate, qui a « su relever le défi », et insiste sur l’importance de la coopération entre le privé et le public.
L’absence de ces bureaux aurait ébranlé l’ensemble du projet de la ZAC. Adossés au boulevard périphérique, ces trois immeubles jouent le rôle de barrière sonique et protègent ainsi les immeubles d’habitation. Leurs façades en “double peau” dessinent des lignes brisées qui perturbent le trajet des ondes sonores. À l’intérieur, le ronflement continu des véhicules est à peine perceptible.

- Une passerelle relie les immeubles entre eux. Les planchers, les plus fins et légers possibles, sont suspendus par une poutre.
Outre les contraintes sonores, le groupe d’architectes a dû se plier à des obligations environnementales. Car la ZAC est le premier éco-quartier de Paris. Les bâtiments sont certifiés HQE (Haute Qualité Environnementale) et THPE (Très Haute Performance Energétique). L’eau de pluie est collectée pour l’entretien des jardins. Des puits canadiens favorisent la circulation de l’air et les toits sont recouverts de panneaux photovoltaïques, dont l’électricité n’est pas utilisée sur place mais revendue.
Trois cabinets ont oeuvré à la réalisation de ces trois édifices. Chacun a imposé sa griffe : un damier troué d’une terrasse rose, une façade striée brise-soleil ou un enchevêtrement de courbes colorées. L’ensemble est relié par des passerelles légères, sur la paroi desquelles se mirent nuage et ciel. De quoi donner du caractère à ce futur quartier.
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Crédits Photos : ©Adèle Ponticelli
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