
Jean-Jacques Giannesini dans sa permanence, rue de Crimée.
Jean-Jacques Giannesini, directeur de la section UMP du 19e arrondissement de Paris, se présente dans la 16e circonscription aux élections législatives des 10 et 17 juin 2012. Rencontre avec un homme politique de terrain, attaché à cet arrondissement, dans lequel il a toujours vécu.
La première fois qu’il dépose un tract dans une boîte aux lettres, il a treize ans. Avec sa sœur aînée, ils font le tour de leur cité, avenue René Fonck, dans le 19e arrondissement de Paris, pour y distribuer les programmes de campagne du candidat de droite. Entrée précoce en politique. Depuis, Jean-Jacques Giannesini n’a jamais réellement quitté ni la politique, ni le 19e. Il a participé à de nombreuses campagnes électorales dans l’arrondissement. Et en 2012, comme en 2007, quand il avait été battu par le socialiste Jean-Christophe Cambadélis, lequel avait recueilli près de 60 % des voix, il est candidat pour l’UMP aux élections législatives.
Jean-Jacques Giannesini quitte les bancs de l’école juste avant de passer le bac, pour s’engager dans une vie professionnelle faite de multiples reconversions : tireur de câbles, vendeur de vin, « alors que je ne buvais pas une goutte d’alcool », directeur d’une agence de location de voitures... Depuis une quinzaine d’années, c’est aux jeunes qu’il se consacre, comme directeur des centres d’animation jeunesse du 19e puis secrétaire général du conseil national de la mission locale.

- Distribution de tracts. L’emploi, la formation professionnelle et l’éducation, sont les principaux thèmes de campagne de Jean-Jacques Giannesini.
Formation professionnelle
Il garde néanmoins un complexe de son échec scolaire. « Je ne m’adaptais pas au système éducatif. Je ne retenais rien. Mais mon père – décédé alors qu’il est âgé de 15 ans- n’aurait jamais toléré que je quitte l’école. » Il réalise finalement son apprentissage sur le tas, en autodidacte. D’où son fort engagement pour une formation professionnelle plus soutenue, une aide à l’insertion professionnelle et une refonte du système scolaire. « C’est inadmissible que chaque année, 150 000 jeunes quittent l’école sans les savoir-faire nécessaires à l’entrée dans la vie active. Dans le 19e, ils sont nombreux dans ce cas », argue Jean-Jacques Giannesini.
Influencé par les convictions gaullistes de son père corse, il s’encarte au RPR à l’âge de vingt ans et devient délégué jeune du 19e arrondissement. « C’est là que j’ai connu un autre délégué jeune, qui s’appelait Nicolas Sarkozy », raconte le candidat de la 16e circonscription. Il admire d’ailleurs le président sortant pour son parcours politique : « On ne lui a rien donné. Il a gravi les échelons un à un, sans l’aide de personne. »
Pour cet homme de 55 ans, en politique on ne se fait pas de cadeaux. « Vous n’avez d’ amis que lorsque vous pouvez rendre service, j’en ai fait l’expérience. J’étais certainement trop naïf. » Il dit avoir toujours fait passer l’amitié et la loyauté avant le reste. « Cela m’a plus coûté qu’autre chose, mais je ne le regrette pas. La politique au départ, je ne voulais pas en vivre. D’ailleurs, je n’en vis toujours pas », ajoute-t-il en riant.
Assemblée nationale

- Après 2007, Jean-Jacques Giannesini se présente pour la deuxième fois aux élections législatives.
Élu conseiller d’arrondissement en 1983, puis conseiller de Paris en 2008, il vise désormais l’Assemblée nationale et la mairie du 19e. Il ne s’en cache pas. D’ailleurs, sa franchise, il la revendique. Son travail de terrain également. « C’est le rôle d’un député de Paris, et d’un élu local en général : être sur le terrain, auprès des habitants. Il ne faut pas se cacher à l’Assemblée nationale, comme le font certains. »
Il espère que ses qualités payeront aux prochains scrutins, bien qu’il soit peu optimiste pour les législatives. Avec la défaite de Nicolas Sarkozy, la dynamique est plutôt mauvaise. « Aujourd’hui, il nous manque un vrai leader à droite », explique-t-il. Mais il a bon espoir pour les municipales en 2014. D’ici là, la gauche devrait être dans une phase descendante, selon lui. Il compte sur l’émergence d’un meneur à l’UMP. Pourquoi pas François Fillon, dont l’affiche est placardée dans son bureau à la permanence du 19e.
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