

- Les écluses de Jaurès permettent la circulation entre le canal Saint-Martin (menant à la Seine) et le bassin de la Villette.
Les trois canaux parisiens – Saint-Martin, Ourcq et Saint-Denis – se rejoignent dans le 19e arrondissement de Paris. Ils sont reliés par trois écluses, autour du bassin de la Villette. Celles-ci remplissent une mission dont peu de Parisiens soupçonnent l’importance dans leur quotidien.
Depuis leur creusement au 19e siècle, les canaux parisiens servent à la fois d’aqueduc – d’eau non potable – et de voie navigable. Chaque jour, ils fournissent 200 000 mètres cubes d’eau (soit plus de 60 % des besoins de Paris), qui permettent notamment l’entretien des rues de la capitale. De plus, les péniches de fret qui y circulent, réduisent sensiblement la circulation de camions dans Paris.
Le problème, se sont les différences de niveau entre la Seine (environ 26 mètres d’altitude) et l’Ourcq (environ 60 mètres d’altitude au départ du canal). Les canaux qui relient la rivière au fleuve sont donc jalonnés par des écluses permettant aux embarcations de passer d’un palier à l’autre. Dans le 19e arrondissement de Paris, les écluses n°1 et 2 de Jaurès permettent la circulation entre le canal Saint-Martin (menant à la Seine) et le bassin de la Villette, via un tunnel passant sous la place de Stalingrad. L’impressionnante écluse n°1 du pont de Flandre commande la circulation entre les canaux de l’Ourcq et de Saint-Denis.

- Ces écluses permettent le passage de péniches de 350 tonnes.
Ces écluses ont été construites d’après le « gabarit Freycinet » (institué en 1879) : sas d’écluse de 39 mètres pour 5,20 mètres de large. Elles permettent le passage de péniches de 350 tonnes – l’équivalent de dix semi-remorque. Celles du canal Saint-Denis sont plus grandes. Elles ouvrent leurs portes aux barges de 1000 tonnes. Les plaisanciers ne remplacent donc toujours pas les mariniers. Catherine Vendendegen, du service des canaux de la mairie de Paris, précise que « peu de fret passe par le bassin de la Villette. La plus grande partie du transit y est composée de bateaux de passagers et de plaisance ». Environ une à deux péniches de transport par jour, pour une dizaine d’autres types d’embarcations. Par contre, le canal de Saint-Denis est toujours très largement utilisé pour le transport de chargements pondéreux.
Catherine Vendendegen explique que « les écluses sont toutes automatisées. Mais pas télécommandées, comme les écluses du canal Saint-Denis ». Fini l’époque de l’ouverture et de la fermeture des portes à la manivelle. Mais les éclusiers sont toujours postés à chaque écluse. Ils actionnent vannes et portes, au passage des bateaux. « Une cinquantaine d’éclusiers y sont préposés. Tous sont fonctionnaires de la ville de Paris – propriétaire et gestionnaire du réseau fluvial ». L’été, ils assurent l’ouverture des écluses de 8h05 à 23h30 et de 8h05 à 20h pendant l’hiver.

- Une personne veille 24h sur 24 sur l’écluse du pont de Flandre.
Au poste de contrôle de celle du Pont de Flandre, « on contrôle à distance les sept écluses télécommandées du canal de Saint-Denis (de 6h15 à 19h30) et le pont tournant de Crimée. Mais surtout, une personne veille 24 heures sur 24 dans le poste de commande ». Les éclusiers y surveillent en permanence le niveau d’eau. « Car, si un orage éclate à Meaux, il faut évacuer l’excédent d’eau par des lâchures dans le canal Saint-Denis. Celui-ci est beaucoup plus long et peut contenir plus d’eau. Autrement, le canal Saint-Martin pourrait déborder et inonder la voirie du Xe arrondissement ». Le niveau du canal y surplombant les rues par endroit – en particulier dans le virage du square des Récollets.
Autant dire que ces écluses ne sont pas prêtes de devenir une attraction folklorique pour touristes en goguette. Leur activité reste aussi primordiale, pour la vie des Parisiens, en 2010 qu’à la date de leur mise en eau, entre 1808 et 1825.
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