
Le bateau de la brigade fluviale s’apprête à contrôler les embarcations amarrées quai de la Seine. Photo © Victor Piantanida.
Le bassin de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, est régulièrement surveillé par les patrouilles de la brigade fluviale. Les policiers spécialisés contrôlent les bateaux amarrés quai de la Loire et procèdent s’il le faut, à des opérations de sauvetage de personnes tombées à l’eau. Dixneufinfo.com est monté à bord. Reportage.
Le bassin de la Villette est sous surveillance. Régulièrement, la brigade fluviale procède à des contrôles de routine dans les bateaux amarrés aux quais. Trois policiers spécialisés sont aux commandes de l’embarcation de huit mètres sur trois, habituellement utilisée pour la plongée. Avant de rallier le bassin de la Villette, le départ a lieu quai Saint-Bernard, près de la gare d’Austerlitz. Destination le canal Saint-Martin, via un étroit tunnel de deux kilomètres, passant sous la place de la Bastille.
Si l’objectif du jour est le Bassin de la Villette, le champ d’action de la brigade fluviale s’étend jusqu’en grande banlieue parisienne, sur la Seine. Au-delà des missions de sauvetage, ces policiers sont fréquemment mandatés par les juges pour sonder le fond de l’eau à la recherche d’armes à feu. Alexis, 32 ans, débarqué à la brigade fluviale en décembre 2011 - après quatre ans de brigade anti-criminalité et trois ans de Police-Secours - raconte : « notre approche du métier est différente de celle du gardien de la paix. Nous sommes moins dans une logique de répression. Nous avons un rapport différent vis-à-vis de la population ».
Contrôle de routine
Passée une nouvelle écluse, le bateau débouche enfin sur le Bassin de la Villette. Les hommes en bleu vont procéder à un contrôle de routine dans les bateaux amarrés quai de la Seine. Ils toquent à une fenêtre, un homme leur ouvre. Ce n’est pas le propriétaire du bateau, lequel n’est pas immatriculé. Les policiers demandent les papiers de l’embarcation. Les documents sont incomplets : le bateau est neuf, il vient d’être acheminé sur place depuis la Hollande.
Les agents notent également l’absence de VHF sur le bateau. Il s’agit d’un récepteur à très haute fréquence qui permet au navigateur de se tenir informé de la météo, et en même temps d’être localisable. Surtout utile en mer, ce récepteur est tout de même obligatoire sur les cours d’eau parisiens. Preuve que la brigade fluviale est tolérante : lorsque l’homme leur dit qu’il leur apportera les papiers nécessaires rapidement, les policiers répondent : « ne vous dérangez pas, on repassera dans un mois ou deux pour voir si le bateau est en ordre. »
Sonar bi-fréquence
Aujourd’hui, la patrouille se déroule sans embûches. Mais ce n’est pas toujours le cas. En particulier quand il s’agit de sauver une personne tombée dans l’eau. Volontairement ou non. « Dans ce cas, il faut agir très rapidement, indique Romain, pilote du bateau. Choc avec l’eau froide, courant, vêtements qui alourdissent, ébriété parfois, le corps peut couler en moins de trois minutes ».
Heureusement, les membres de la brigade sont épaulés par un sonar bi-fréquence à balayage latéral, plus simplement surnommé "le poisson". Ce sonar dernier cri, qui se fixe sur n’importe quel bateau, est capable de détecter une silhouette humaine dans l’eau, ce qui facilite l’intervention des plongeurs en cas de mauvaise visibilité. Et ces derniers en ont grand besoin : l’année dernière, 80 cadavres ont été retrouvés rien que dans la Seine.
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