

- Le prochain Festival Les Uns chez les Autres aura lieu le 19 avril
18h00, un soir du mois de mars 2010. La pluie menace. Au magasin de brocante du quai de Seine, un petit groupe de personnes attend timidement. Nous sommes au festival “Les uns chez les autres”, organisé par la mairie du 19e arrondissement de Paris chaque 19 du mois, en collaboration avec les associations du quartier.
« Fabriquer des expériences, susciter des rencontres humaines là où elles ne se font pas d’habitude, avec un souffle artistique joyeux et festif, c’est le but de ce festival », explique Julie Navarro, adjointe chargée de la culture et de l’animation des quartiers à la mairie du 19e.
Pour chaque rendez-vous, l’adjointe lance un appel à projet aux associations. Celles-ci proposent alors un programme : le principe est toujours de faire découvrir l’art aux habitants du quartier, tout en tissant des liens sociaux. « C’est une rencontre entre les artistes, les commerçants et les habitants, qui amène un public du 19e vers un autre public du 19e », résume Julie Navarro. Cette fois-ci, l’animation est organisée par “Faire le mur”, association qui s’occupe d’art de la rue. Melissa Azaiche, la responsable, explique : « Dans le 19e, il y a des lieux intéressants à redécouvrir : c’est un quartier accueillant. »
Les participants entrent dans le magasin pour assister à une déclamation de poésie. Le public est hésitant, surpris. Le groupe ressort ensuite de la boutique et avance le long du canal, des musiciens en tête. Des conversations se nouent. Pour Christophe, du 20e arrondissement, « c’est une une manière d’investir l’espace public de façon interactive. Une occasion de découvrir un quartier avec des personnes que l’on ne connaît pas ».
La bande arrive sur la place de Bitche : de-ci de-là, des artistes forment une chorégraphie. Autour d’eux, le public se dispose en cercle. La musique commence, les danseurs et les mimes se déplacent au milieu du cercle. Ils interpellent les spectateurs, d’un regard d’abord, puis d’un geste : une invitation à danser. Le public danse au milieu de la place. Des sourires s’esquissent. De nouveaux liens se tissent. Il commence à pleuvoir. La marche reprend. Au fur et à mesure, les conversations sont plus nombreuses. On se serre les coudes, pour tenir à deux ou trois sous les parapluies.

- Lors du Festival, l’art devient une occasion de rencontre
La troupe arrive devant une laverie, rue de l’Oise. À intérieur, les festivaliers sont invités à piocher des mots dans le tambour d’une machine et à les coller contre la vitre de la laverie, au hasard. Les mots assemblés forment ainsi des phrases poétiques ou farfelues : « Étranges étrangers, il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitudes. »
Les rires fusent, les paroles aussi. Amusés, les spectateurs sont devenus acteurs, prenant possession de leur quartier, à la découverte de nouveaux lieux et de ses habitants. Au terme du festival, tout ce petit monde se retrouve autour d’une table de café pour discuter, partager son monde et s’inviter, les uns chez les autres.
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