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José-Manuel Gonçalvès, le nouveau directeur du 104, établissement culturel du 19e arrondissement de Paris, a pris ses fonction à la mi septembre 2010. Ambitieux et dynamique, il décline les axes de sa politique, tournée vers l’art, les artistes et surtout, le public, qu’il entend reconquérir. Interview.
Le 104, situé rue d’Aubervilliers, dans le 19e arrondissement de Paris, a connu des débuts difficiles : problèmes financiers, faible fréquentation du public, démission de ses deux directeurs, occupation par un collectif... José-Manuel Gonçalvès, auparavant directeur de la scène nationale de la Ferme de Buisson à Noisiel (Seine et Marne) pendant dix ans, prend la direction de l’établissement culturel, avec la ferme détermination de faire venir le public dans ce lieu de 40 000 m², dédié à toutes les formes d’art.

- José-Manuel Gonçalvès, 48 ans, veut établir un lien permanent entre le 104 et le public
- Lydie / Sipa.
Dixneufinfo.com : Vous entamez votre troisième semaine en tant que directeur du 104, quel est votre état d’esprit ?
José-Manuel Gonçalvès : Excellent ! J’avais très envie de venir travailler ici. J’essaie de préparer les choses pour être le plus prêt possible dans l’action. Le 104 Mon obsession est de mettre en connexion les artistes et le public.
On a souvent reproché au 104 d’être une coquille vide. Comment allez-vous le faire évoluer ?
Cette sensation d’espaces vides s’explique car on ne voyait pas les productions des artistes en résidence (une cinquantaine par an). C’est comme si on était dans une librairie où l’on pouvait observer des gens en train d’écrire, sans jamais lire leur livre. Le 104 offre aux artistes un outil de travail, mais il est important qu’ils produisent des œuvres. On ouvrira les ateliers à l’occasion de manifestations spécifiques. Ma mission essentielle est d’animer ce lieu.
Quels sont les axes de votre programmation ?
Je veux proposer à la fois des programmes savants et grand public. Le 104 est un lieu multi artistique et il le restera. On y trouve de la musique, du théâtre, des arts plastiques, de l’art vidéo, de la mode, du graphisme…
La programmation répond à trois axes de travail :
Tout d’abord, la partie commerciale est déterminante pour la survie du 104. Ses espaces sont loués pour des évènements. Mais quand ceux-ci auront une valeur artistique, ils seront ouverts au public. Cela représente cinquante jours par an.
Ensuite, il y aura un programme élaboré par le 104, c’est à dire moi ! Je suis en train de le préparer. Mon ambition est de pouvoir offrir, tous les deux mois, une nouvelle programmation.
Et enfin, je veux décentraliser cet établissement culturel du 19e. Faire venir le cœur de Paris jusqu’ici. Aussi le 104 va co-réaliser des spectacles avec des théâtres parisiens, tel que le théâtre de la Ville ou du Rond Point.
Comment comptez-vous ancrer le 104 dans le quartier et plus largement dans le 19e ?
L’équipe a un rapport très fort avec le quartier contrairement à ce que l’on croit. Mais ce n’est pas visible car le quartier n’a pas la possibilité de se montrer ici. Dans le prochains jours, je vais animer des comités de quartier. Je veux discuter avec les riverains, je veux surtout les entendre. Il faut que le 104 soit un endroit joyeux et festif, sans être une salle des fêtes.
Si on veut sensibiliser les habitants, même les plus modestes, à l’art, il faut leur montrer des choses de référence que l’on peut trouver ailleurs. C’est une exigence qualitative. Pour que les gens du quartier voient ce qui se passe ici, on va afficher notre programmation devant le 104. Il faut donner des signaux qui montrent que l’on attend le public.

- Pas de carte d’abonnement au 104, mais un Passe voisin pour un accès privilégié au lieu
Le public, justement, comment allez-vous rendre le 104 populaire ?
La manière d’accueillir le public dans l’espace est très important. Il faut mettre en scène le lieu de manière singulière pour que les gens sentent qu’ils sont invités à rester. Lors de la Nuit Blanche, dédié aux enfants, le simple fait d’avoir mis des transats et des tables, fait que l’établissement n’est plus un mausolée froid. Il faut redonner de la confiance.
Comment était cette première Nuit Blanche sous votre direction ?
Ça a été formidable ! Il y avait à la fois des familles d’origines étrangères et des nouvelles familles qui arrivent dans le quartier, des trentenaires avec un ou deux enfants. C’était un vrai rallye de poussettes. Alors que nous n’étions pas dans le programme officiel, nous avons eu plus de monde que l’an passé. Cela me rend assez optimiste pour la suite.
Quand le public pourra-t-il voir votre première programmation ?
Fin novembre 2010. Cela va s’appeler « Attraction ». C’est une déclaration d’intention par rapport au public mais aussi d’attention. Attraction, du verbe attirer, c’est à dire créer quelque chose de dynamique. On veut donner, ici, la possibilité de fréquenter l’art et les œuvres.
Photos de José-Manuel Gonçalvès : Lydie / Sipa.
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