
Mairie du 19e arrondissement (Crédit photo : flickr/cc gerard_paris)
Premier conseil d’arrondissement de l’année, lundi 30 janvier 2012 à la mairie du 19e. Un conseil marqué notamment par des discussions sur l’avenir de l’ensemble immobilier du 25-31 rue Pradier, menacé de vente à la découpe, dont les habitants sont venus en nombre en salle du conseil. Les autres délibérations ont porté sur les travaux d’aménagement engagés dans l’arrondissement ainsi que sur des subventions accordées aux associations.
Début de conseil à toute vitesse. Les affaires de l’arrondissement sont rapidement expédiées, votées sans encombre par la majorité municipale. Modification du plan local d’urbanisme, acquisitions pour une crèche au 129-133, rue de Belleville, travaux à la gare Rosa Parks et subventions à diverses associations parmi lesquelles ABC Puériculture, Génération Citoyenne, ou Les Petits Riens.
En une demi-heure, les principaux points de l’ordre du jour sont évacués. Ne reste plus que LE dossier du moment : la vente à la découpe du 25-31 rue Pradier, qui fait l’objet de deux voeux. L’un présenté par le premier adjoint, François Dagnaud et l’adjointe chargée des relations intergénérationnelles, Séverine Guy. L’autre présenté par l’élu Europe-Ecologie-Les-Verts, chargé de l’environnement et du développement durable, Bernard Jomier.
Vente à la découpe rue Pradier : voeu adopté
François Dagnaud prend la parole, rappelant que la mairie a reçu l’association des locataires dès le mois de novembre 2011.« Le logement n’est pas et ne doit pas être un business comme les autres », estime le premier adjoint, qui dénonce les « opérations spéculatives » comme cette vente à la découpe, véritable menace pour la mixité sociale du 19e arrondissement.
« Nous avons décidé de passer à l’action pour aider les locataires, et surtout les classes moyennes », ajoute-t-il. Deux pistes selon lui : la recherche, dans un premier temps, d’un rachat par un bailleur social, afin de sécuriser au maximum les locataires. Puis, à moyen terme, la préemption pourrait être envisagée.
Bernard Jomier, élu Europe-Ecologie-Les-Verts, s’exprime lui aussi, et s’attaque vivement à la société financière Gecina, propriétaire du bâtiment. « La société n’est pas du tout en péril, explique le conseiller d’arrondissement, mais le résidentiel et les bureaux ne lui suffisent plus alors elle a décidé d’investir dans les maisons de retraite et les EHPAD (Établissement d’hébergement pour personnes âgés et dépendantes). Ce qu’elle fait, c’est purement de la spéculation financière. » Que faire alors ? Mêmes propositions que François Dagnaud : les bailleurs sociaux, et sinon, la préemption. « Elle sera, je pense, nécessaire », affirme l’élu écologiste.
Pour les communistes, représentés par Jean Vuillermoz, « la ville doit obliger Gecina à négocier avec les locataires, elle en a les moyens ». Même volontarisme, côté Modem. L’élue Violette Baranda, très critique durant le reste du conseil, rejoint les autres élus sur la rue Pradier : « j’espère que tous les partis, y compris les partis de droite s’opposeront à cette vente à la découpe », dit-t-elle.
Un consensus est finalement trouvé : le procédé de la vente à la découpe est inacceptable. Le voeu présenté par François Dagnaud est adopté, à l’unanimité.
Débat autour de l’EHPAD Colmar-Thionville
Avant de lever la séance, Roger Madec donne la parole à Violette Baranda. L’élue Modem fait part de trois remarques. Sur la transmission vidéo des conseils d’arrondissement d’abord, qu’elle estime « essentielle pour tous les citoyens » et qui n’est toujours pas mise en place. Réponse d’Etienne Dabeedin, conseiller délégué chargé des nouvelles technologies : la salle est trop petite et il faudrait un local technique. « L’ensemble des débats est accessible à tous à travers les comptes-rendus postés sur Internet », ajoute-t-il.
Sur l’absence de panneaux de libre expression ensuite, Violette Baranda réclame plus de panneaux et la mise en place d’une cartographie sur le site Internet de la mairie afin d’informer les citoyens de leur emplacement. Liste à l’appui, Karine Gautreau, chargée de la vie locale, lui répond, affirmant que « le 19e est l’un des arrondissements les mieux dotés de Paris » sur ce point.
Sur la capacité d’accueil de l’ EHPAD Colmar-Thionville enfin, Violette Baranda estime que la centaine de place prévue est un nombre trop élevé et que « ce type de structure ne devrait pas offrir plus de 80 places ». « Arrêtez d’être dans ce délire, a rétorqué Roger Madec, ce projet sortira sous cette mandature, inutile de le remettre sur le tapis. Je pense que c’est un honneur pour Paris de permettre la construction de ce type d’établissements dans Paris intra-muros », a-t-il ajouté.
Un représentant de l’association du Bassin de la Villette prend à son tour la parole sur ce sujet, demandant un dialogue et des négociations sur la construction en cours, délimitée par les rues de Crimée, Thionville, Evette et Colmar. « La maison de retraite et la crèche ne sont pas encore construites, il est encore temps d’en parler », a-t-il expliqué. Comme l’élue du Modem, les habitants du quartier souhaitent que le futur EHPAD ne compte pas plus de 100 lits et que des espaces verts soient aménagés pour conserver les zones aérés du quartier.
Dans une ambiance un peu tendue, Roger Madec lève la séance. Le conseil a duré près de deux heures. Les habitants se donnent rendez-vous jeudi 2 février, au conseil de quartier du Bassin de la Villette, pour continuer la discussion.
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